MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

lundi 4 juillet 2005

2.5 - La fillette (suite et fin).

2.5.                       Huitième jour.

Etrange paradoxe.

Alors que l’éternité s’ouvre à l’instant où paraissent la fille et la petite-fille, il faut que l’avenir en devienne un péril immense. Bien sûr que j’ai peur de la mort, de ma mort. Peur de n’avoir pas fini, peur d’être oublié, peur que le paradis soit une escroquerie et même l’enfer, mais cette peur n’est rien. C’est le malheur et la mort des enfants et des enfants de leurs enfants qui me terrifient. Je serai peut-être oublié depuis longtemps quand surviendra l’apocalypse, mais son idée seule suffit à me paralyser ; pourquoi dois-je vivre, comme nous vivons tous, avec cette pesanteur, avec ce boulet, avec cette impossible certitude ?

Si encore je pouvais croire que cette peur les protège, elle me serait légère, mais non elle n’a jamais protégé personne. Quatre-vingt cinq milliards d’êtres humains sont morts pendant que quatre-vingt cinq milliards d’êtres humains craignaient qu’ils ne meurent. Que les angoisses de la nuit me poursuivent donc puisqu’on ne peut les interrompre. Si tel est le prix à payer pour voir vivre et sourire, payons ; et puis oublions l’apocalypse, oublions l’apocalypse inévitable.

C’est comme un déjà dit tout ce tournis inquiet. Tournis en effet. La peur tourne et moi je tourne sur moi-même, au rythme bien carré de ceux qui m’accompagnent, un univers orthogonal où je peux laisser gondoler mes courbes, mes inflexions, mes rebroussements, mes cardioïdes, mes dérives intégrales. Sphère, je ferme les yeux, tout défile, tout se répète à l’infini, mais de petit décalage en petit décalage, je finis par aboutir.

Coda.

Juin 2001

Posté par andremriviere à 09:30 - CH.02 - LA FILLETTE - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

marelle

Les fourmis de l'à venir des zoms n'ont pas ces angoisses ... ça me laisse quarante jours de réflexion pure, de jeûne, parce que l'homme est gars et l'amère aurait dû penser à autre chose en 2001. L'eau coulera sous les ponts, dans les rivières.

Posté par Marie, mardi 13 mars 2007 à 20:08

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