MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

mercredi 19 septembre 2007

21. OPHTALMOLOGIE.

Cent-troisième jour.

Zéro. Ophtalmologie.

    Comment le dire ? Un drôle de titre. On dirait une chanson composée par Charlie Parker. Ornithology, Anthropology, quelque chose qui y ressemble. Ophtalmologie, sur quoi va-t-il écrire ses fiches, Théolone ? Ses yeux fatigués ont-ils à ce point besoin de philosophie, de discours, de logos ? La dégénérescence maculaire liée à l’âge le travaille, son père en est devenu aveugle, déjà qu’un glaucome s’annonce, mais de là à en faire un chapitre entier, je m’étonne. Il n’y aurait pas ce pacte entre nous, je le laisserais bien choir avec ses élucubrances.

 Il exige que je cesse de me promener dans les allées verdoyantes des amitiés fugitives, croiser les mères de famille débordées et les vidéastes fébriles, commenter sur des veuves et chez des avocats, et parfois ce sont les même ; il m’impose sa loi. Et dans quel but au fond, sinon de faire des yeux ronds ?

Ophtalmology, premiers accords, premiers raccords, premiers désaccords.

21.1 à suivre.


Posté par andremriviere à 18:42 - CH.21 - OPHTALMOLOGIE. - Commentaires [1] - Permalien [#]

jeudi 27 septembre 2007

21.1. L’île tailladée.

Cent-troisième jour.

Je comprends un peu mieux. L’état pitoyable des dernières livraisons montre qu’elles ont longtemps séjourné dans l’eau de la Mer du Milieu. Il a écrit et je n’ai rien reçu, je ne peux faire une pile et je dois diffuser au jour le jour des accostages. Je risque le délit d’anachronisme, la faute de concordance des temps.

Est-ce si grave ? La vérité ne pourrait-elle surgir des sauts de la pendule ?

La vérité du moine, s’entend.

21.1.1 - Avril 2005. Il va falloir écrire à ce sujet.

J’y vais un peu à reculons, je mesure mon impuissance et ma vanité. L’icône me regarde avec sévérité, rien n’a bougé pourtant, mais elle est soudain sévère, la madone, et même l’enfant prend un air crispé depuis cinq siècles qu’il tient la pose. Je ne vis pas sur une île tailladée de discorde pour ignorer le continent qui pourrait un jour cicatriser avec les miennes les plaies de ma terre vénusienne.

Comme nous sommes au printemps, je me remets au travail.

Curieux printemps, où la renaissance commune se mélange avec une descente aux enfers, dont on sait que l’entrée est peut-être dans la région. Curieux printemps où tous chantent l’espoir, quand chacune de leurs musiques sonne la despérance. Sic. Il faudrait d’abord que le continent ne se taillade pas lui-même, si l’espérance doit me garder en vie. De quoi aurions-nous l’air, de nous réconcilier ici au moment précis où les ânes de la terre ferme se remettent à braire. Pour aggraver mon cas, voici que je me fais des ennemis de la confrérie des ânes, ânesses, mules, mulets, et autres gentils mélanges. Pourquoi les rabaisser au rôle braillard des diviseurs de tous poils pour leur seule gloire d’être premier dans leur village, roi de Maubeuge ou de Patagonie. Les ânes sont d’une autre trempe, de celle qui sait ce qu’elle veut et ce qu’elle peut et qui s’arrête au bon moment.

Les ânes ne seront jamais des métaphores pour les soudards de la pensée.

A suivre.

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Posté par andremriviere à 14:03 - CH.21 - OPHTALMOLOGIE. - Commentaires [1] - Permalien [#]



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