MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

jeudi 13 mars 2008

22.4. Ô concurrence ennemie #1.

22.4. Cent-seizième jour.

Il faut bien commencer par le mot concurrence. Voilà qu’il tourne comme un derviche, enrubanné des adjectifs qui l’alourdissent, mais l’effet centrifuge va nous le faire sortir en premier, le poids lourd. Il faut bien expliquer pourquoi la concurrence n’est pas la jungle mais son antidote.

22.41 – De l’égalité à leur gauche.

Je prononce le mot. Lentement, comme on mange un chocolat à la liqueur. Tout se répand au premier coup de dent, il faut en saisir l’arôme et déglutir. Tu les as regardés, les NON, à peine avalé le mot ? Rouges de colère et vert de rage, mélange de couleurs complémentaires à effet maronnasse. Ils recrachent. Ils n’ont pas compris. Ils n’ont pas vu que ce mot nous aide et nous importe. Ils n’ont pas vu que la saine émulation n’est que le résultat de cette concurrence, et que l’homme privé de ses pairs, n’aurait jamais tenté de les surpasser et en serait mort.

Avant d’être économique, ce mot est philosophique, et nous n’en ferons pas l’économie. Accepter l’égalité totale, et devenir fourmi, accepter la concurrence au risque de se perdre. Dois-je vraiment faire ce choix, et t’entraîner dans cet abîme ?

Nous pouvons nous rêver fourmis pour l’éternité. L’espèce des zoms aurait peut-être survécue, comme fourmis, et en rangs serrés nous irions porter des menhirs entiers de barbaque pour alimenter la reine obèse. Nous serions, je ne sais pas ce que nous serions, mais je sais que je n’ai pas envie de deviner ce que nous serions. Et chacun de nous ne serait pas, en tout cas. Alors il faut répondre à celui qui va protester que l’égalité n’existe plus, à supposer qu’un âge d’or l’aurait vu exister.

A partir de quand ton voisin est-il ton égal, ou cesse-t-il de l’être ? La taille, le compte en banque, la longueur de l’auto, la beauté de sa femme, le ruban rouge sur le col de veste, le gonflement du pantalon là ? Vas-tu prendre des mesures, et passer au lit de Procuste tout ce qui dépasse ? Et quelle précision à tes mesures, quels critères de mesures ? Les valeurs moyennes, ou les valeurs médianes. Les valeurs de ton cerveau à toi, ou celle de celui-là qui bat la campagne ? Don Quijote, ou Pantaleone ?

Je sais bien que l’égalité a la fâcheuse réputation d’être un rêve de gauche, alors que la liberté est de droite, voilà qui sied aux gens simples, au bon sens près de chez nous. Les bonnes gens de la Gauche vigilante vont m’accuser de ridiculiser l’égalité et de faire ainsi le lit des méchants, des profiteurs, des petits marquis et des nouveaux riches. Malheur aux vaincus. La concurrence n’est que l’ultime bain de sang où se noieront les damnés de la terre sacrifiés sur l’autel du progrès et de l’innovation, ces doux mots qui cachent le gros mot de profit.

Voilà le procès qu’ils vont me faire, voilà, j’ai bien énuméré tout ce qu’on va me dire. A peine ai-je forcé le trait, juste un peu pour qu’on y voie clair, et que le paysage soit structuré dans lequel nous errons.

#2 à suivre

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Posté par andremriviere à 15:54 - CH.22 - MONEY JUNGLE - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

Oui, bon, je sais, je n'ai pas obéi. Je n'ai pas commencé par le premier chapitre. Mais ça, c'est parce que je sais ce que c'est, un livre. Donc je suis directement passée aux chapitres les plus récents.

Et c'est moi qui me suis fait piéger... Parce qu'il va falloir que je revienne pour lire depuis le début, finalement.

Didju!

Posté par Ecriveuse, lundi 17 mars 2008 à 15:50

lire

Il n'y a aucun ordre qui tienne, ni ordre à obéir, ni ordre à classer. Ensuite, il reste à s'y retrouver.

Je dirai seulement qu'ici est en cours, que le mot fin ne s'est pas encore posé à la fin, et que "Money Jungle" est d'une épaisseur bien rude pour ma machette élimée, même pas une pierre à aiguiser à me mettre sous la dent.

Qui veut me suivre sur la piste du résultat inconnu avant qu'on l'enterre en grande pompe s'expose à l'impasse du progrès, à la barrière de la liberté, au Terminus Nord.

Mais j'aime la liberté de chacun sur mes blogues.

Posté par andrem, lundi 17 mars 2008 à 16:35

En fait, tous égaux avec quelques différences de taille et il faut beaucoup de liberté pour réduire un tout petit peu les inégalités. C'est difficile alors j'attends les expositions.

Posté par Euphémie, lundi 17 mars 2008 à 20:20

Le contraire de concurrence n'est pas égalité mais coopération... et s'il y a un principe que la Nature ( zut j'ai jamais rencontré madame Nature) c'est bien la coopération.

Tu as raison de pointer le mot concurrence comme source de la bêtise libérale. Léon Walras celui qui a tenté de mathématiser la théorie économique tombe là sur sa principale contradiction. Il dit que pour qu'il y ait marché ( et donc loi du marché et le reste du délire économique) il faut une infinité de joueurs égaux.

Mais d'autre part, il a déjà défini que si il y avait une concurrence parfaite dans le marché le profit n'était pas possible. Donc il ne peut pas y avoir de concurrence au moment où les acteurs jouent pour le profit.

Pourtant on entend les ânes continuer à braire que la science économique...

Posté par Moukmouk, mardi 22 avril 2008 à 13:09

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