mercredi 1 octobre 2008
22.82 – Les invasions barbares.
Il y va fort. Sous couvert de concurrence, il veut résoudre en deux pages la question de l’immigration, mais je sais qu’il me répondrait qu’il n’y a pas de question d’immigration mais des questions de migrations.
- Les migrations politiques, depuis toujours très secondaires en quantité, et désormais devenues négligées en symbolique, qu’importe d’accueillir un opposant écrivain, journaliste, avocat ou syndical, surtout s’il est visible, n’est-ce-pas.
- Les migrations économiques dont notre monde fut si friand et l’est encore contrairement aux apparences, la peur est un très bon moyen de taire la revendication.
- Les migrations climatiques dont je ne vois que le début. Etrangement, ce seront peut-être les hollandais qui débarqueront en masse les premiers, et non les bengladis.
Les dangers ne sont pas toujours là où l’on a peur.
Au soir du cent-vingtième jour. 22.82 – Les invasions barbares.
On me somme de donner le moyen de résoudre les grandes migrations, puisque je me suis imprudemment risqué à les évoquer avec un ton de commandeur. On sera déçu. Je ne me penche pas sur la vie de ces millions de soutiers dont nous faisons semblant d’ignorer l’existence tant qu’ils nous offrent des travaux de rénovation à bas prix et dont nous faisons semblant de craindre la nuisance au premier fait divers qui passe.
En réalité, ne l’oublie jamais, je ne cesse de tourner autour du pot de la concurrence, ou plutôt autour de ce totem. Je peux élargir mes cercles et saisir loin dans mon tourbillon ce qui me convient d’évoquer ou d’invoquer. Ma danse du scalp permet mille détours, et j’aurais ainsi traversé mille paysages au gré de mes oscillations. Profites-en.
Mais il est important que je ne laisse pas en plan mes migrants préférés et leur vie d’enfer sous prétexte de hors sujet digressif, il est important que j’en rappelle les fondamentaux, pour écrire comme un amateur d’Ovalie. Toi, tu t’es adonné au clinquant et tu crains tous les arrivants aussi éblouis que toi par les fausses lumières, je n’y peux rien.
J’aimerais tant les éteindre, ces reflets de pacotille ; les fascinés en deviendraient moins nombreux. Comme tous les autres papillons, tu vas te brûler les jolies ailes en frôlant le filament chauffé à blanc que tu avais pris pour une étoile, et tu découvriras trop tard la misère noire d’où tu ne sauras plus t’envoler, pris dans sa toile sans aile ni passeport de retour. Le filament l’avait maintenue dans l’ombre à t’attendre au fond du bouge dont seule la porte était éclairée.
Notre monde est un bouge, mon cher ami, et j’en fais partie comme toi. La foule des papillons qui viennent se brûler à l’ampoule fadasse de l’entrée finira un jour par lui enseigner à vivre, à devenir la Société du minimum dont je rêve. Il sera peut-être trop tard.
La Digue, début avril 2008.
Commentaires
Viendrais tu à parler de dé-croissance ? Je pense souvent que je suis trop imprégnée de cette société et que je suis, malgré ma conscience, prisonnières de désirs qu'on m'a appris à désirer.
Alors je pense à ma fille, comme aux enfants qui deviendront grands et je veille à ne pas devancer ses désirs histoires qu'ils soient bien les siens et non une projections des miens. Et j'essaye de lui transmettre l'idée qu'un autre monde est possible. Espérant qu'ainsi, ils ( ces enfants ) sauront inventer une autre société. Celle-ci m'a faite prisonnière, en tuant, d'une certaine façon, ma capacité à imaginer un autre monde. Je ne fait que croire en sa possibilité, comme je pourrai croire en un Dieu si j'étais croyante, mais me constate incapable de sortir du schéma. Oui, c'est ça que j'espère au fond, lui donner une liberté de penser, d'imaginer, d'inventer...
Désirs
Bonjour Luciole. Te voilà encore à me piquer la circonvolution pour aller chercher du tréfonds dans mes idées. Alors j'y vais, en forme de réponse à ton commentaire, parce que la suite des billets est déjà écrite qui sera mise en ligne plus tard.
Je ne pensais pas aborder la question de la décroissance, du moins pas si tôt et pas dans cette tentative de cerner la question de la concurrence. Mais le sujet est d'importance suffisante pour que ma réponse, même longue je sens qu'elle va l'être, ne soit qu'une approche sommaire de mes préjugés du moment.
Je reste instinctivement attaché à l'idée de croissance. J'entends bien le discours malthusien à la mode, qui vante les mérites de la sobriété et nous n'y serions que des bêtes goulues qui se moquent du déluge après elles, mais souvent ces discoureurs sont du genre faites ce que je dis non ce que je fais. La légère culpabilité qui sous tend ton commentaire montre que ces discours ne sont pas sans effet même sur une grande fille comme toi, raisonnable, modérée, et soucieuse de ton enfant.
Bien entendu, il y a en face le discours des économistes distingués, enfin ceux de la mouvance capitaliste (je refuse d'utiliser le mot libéral dans ce contexte, trop joli pour être sali), dont la caricature est incarnée par l'ineffable perroquet Jean-Marc Sylvestre. Ils disent que la seule façon d'assurer un revenu convenable pour tous est une croissance forte toutes industries confondues, l'alpha et l'oméga de toute richesse, hors de laquelle point de salut. Ce n'est bien entendu pas de cette croissance que je parle, elle est définitivement à mettre à la poubelle, seuls ces trites sires qui tiennent encore les commandes l'ignorent, avec les inévitables désastres qui nous attendent et auxquels nous assistons déjà, que nous subissons parfois déjà (oui, j'ai une partie de mes économies de mon travail de ma vie à moi dans des actions, pile poil au moment où la moitié de mes revenus va m'être ôté, mais bon c'est mon affaire et je ne suis pas à la rue, seuls quelques désirs de voyage vont devoir rester juste des désirs, et pourquoi pas).
Mais, va donc expliquer à un malien de la bordure sahélienne qu'il n'a pas droit à de l'eau courante, qu'il n'a pas droit à un frigo, qu'il n'a pas droit à des médicaments, à des routes en bon état, à des bâtiments scolaires dignes de ce nom, à des transports qui le conduiront à la ville pour, damned et by jove, acheter des biens de consommation, que c'est interdit de croître. Va lui expliquer du haut de ton catxcat avec lequel tu es parvenue jusqu'à lui et avec lequel tu rentreras chez toi à l'abri de l'averse qui s'annonce sur la Défense là maintenant (17h55).
Bon, tu as compris ce que j'entends par croissance. J'ajoute que bien des choses restent à faire pour rendre notre pays plus gai, plus économe MAIS plus confortable, et que le Mali n'a pas le monopole de la pauvreté. Alors, la décroissance prônée par nos culpabilités de (relativement) riches est de mauvais aloi.
A nous de savoir, individuellement certes car il nous faut bien nous préparer aux vaches maigres qui approchent (plus que 15 ans, 10 ans, 5 ans, demain matin?), mais surtout collectivement, en réfléchissant à nos désirs, comme tu le dis bien clairement, en séparant le bon grain de l'ivraie. Et d'abord, pour pouvoir raisonner sainement, en échappant à la culpabilisation galopante.
Tiens, l'averse bat son plein et il fait noir déjà sous le nuage.
Culpabilisation qui au demeurant arrange bien quelques affairistes qui se sont calés dans la niche du développement durable sans savoir ce que signifie ce terme, en prétendant que l'éolien va nous sauver, ou la voiture à air comprimé, ou même la voiture hybride, et j'ai d'autres exemples possibles.
Alors, maintenant, pour me relier à mon texte de billet, que dire? Ton commentaire se réfère à l'ampoule et aux papillons. L'eldorado nommé occident, vu des jumelles des miséreux de la terre. Là encore, je suis volontairement caricatural dans mon texte, car cette attirance pour ce qui brille n'est pas seulement celle subie par ces misérux, pour qui tout et n'importe quoi est légitimement meilleur que ce qu'ils vivent, sauf que cette attirance les perdra pire encore mais ils ne peuvent pas le savoir.
Cette attirance est la nôtre aussi. Nous sommes tombés dans une marmite, petits, dont nous ne guérirons pas tout à fait. Tu as la lucidité de t'en apercevoir, et ce seul détail te sauve. Nos parents avaient de très bonnes raisons de chercher le toujours plus, et nous en avons suivi les préceptes ou les tentations. Il n'y a pas à le leur reprocher, ils ont fait leur boulo de parents pour nous protéger de la pénurie (enfin moi, né en 1945 entre deux coupures d'électricité).
En 1967, si mes calculs sont bons, c'était déjà la génération suivante, naissance de ma fille, les questions de pénurie ne se posaient plus.
Quand je l'ai connue, ma fille, quelques années plus tard encore, j'ai eu tendance à appuyer sur le frein, à adopter une forme de frugalité, on sent vite quand trop c'est trop,(en vain, dois-je reconnaître, 'Aliénor n'avait pas franchi le pas et son joli visage tentateur était, est, irrésistible). Puis en veillissant, rien n'étant fait pour faciliter les déplacements, il fallut recourir de plus en plus à l'automobile, car le vélo magnifique, à partir d'un âge certain, devient difficile à maîtriser avec des genoux en compote, des visions vaporeuses, des oreilles en acouphènes, et un équilibre hasardeux.
j'ai rejoint 'Aliénor dans son besoin de carapace et de mécanique. Voilà déjà longtemps que nous sommes sortis du désir pour entrer dans le nécessaire. 18h22, le soleil revient, tiens.
Alors non, je ne jette pas la croissance. Tant de progrès techniques sont encore à faire pour nous permettre de vivre, tout simplement, dont aucun ne viendrait manger plus d'énergie que le gaspillage d'aujourd'hui. Il suffit de se pencher sur la question, collectivement, partis politiques, associations, architectes, d'instaurer non des sanctions mais des incitations, réfléchir autant que possible aux effets pervers toujours possibles en toute indépendance des intérêts économiques immédiats.
Yaka, n'est-ce-pas? Je sais bien que ce n'est pas gagné et que nous ne prenons pas le chemin de cette approche avec nos gouvernants bardés d'incompétence certitudesque. les opposants de tout poil pourraient s'y mettre, eux, en oubliant les slogans confortables et consensuels, en renonçant à la magie fumeuse de la décroissance.
Beaucoup reste à dire et les objections que je me fais moi-même si nombreuses qu'elles cahent les objections qui viendront peut-être jusqu'ici. Mais, sans être dans la lune, c'est un petit pas pour moi.
Une heure de perdue sur ma journée de travail, mais tu le valais bien, non? Alors je reste jusqu'à 20h00 pour continuer de finir mon rapport que je devais rendre la semaine dernière.
est-il
utile de dire que je reviendrai ? ce n'est pas encore cuit.
Tout d'abord les hollandais travaillent depuis des décennies pour faire face à une montée désastreuse des eaux (en fait depuis 1955)des pompes, des éoliennes, des barrages à l'épreuve et constamment surveillés sont aux avant-postes. Il n'en reste pas moins que si nous devions les accueillir, ils sont cinq cents fois moins nombreux que les bengladis et moins éloignés aussi ...
Hollande
A-t-on onques vu un hollandais qui ne soit actif n'économe?
Ce qui nous attend fait l'objet de mille prédictions apocalyptiques. Certaines seront vérifiées dans les faits et les prédicteurs se gonfleront le torse au son du je vous l'avais bien dit si on m'avait écouté.
Et d'autres n'auront jamais lieu, et les prédicteurs se tairont qu'on aura oublié, eux et leurs prédictions.
Je ne prétends pas ainsi jeter le discrédit sur les prédicteurs. Je sais malheureusement que certains auront raison, même si d'autres auront tord. Le tragique est qu'il est impossible aujourd'hui de savoir qui sera lequel.
Et peu à peu des voiles se lèvent qui nous alertent et qui précisent l'étendue des dégâts. Chaque constat fait évoluer les prédictions vers le pire. Alors la sauce à laquelle nous serons mangés et surtout nos enfants (ce n'est plus nos petits-enfants désormais, mais déjà nos enfants et notre troisième âge (de pierre?).
>reprise de volée sur dernier paragraphe pour me sauver la mise< .
Et peu à peu des voiles se lèvent qui nous alertent et qui précisent l'étendue des dégâts. Chaque constat fait évoluer les prédictions vers le pire. Alors la sauce à laquelle nous serons mangés et surtout nos enfants, car ce ne sont plus nos petits-enfants désormais, mais déjà nos enfants et notre troisième âge (de pierre?) qui attendent l'ogre des tempêtes et catastrophes, cette sauce là n'a pas finie de se concocter dans la marmites aux réalités thermodynamiques, et il lui manque encore une bonne dose d'épices que le piment-oiseau n'est rien en comparaison.
Tout ceci fera du nouveau travail pour les géographes et consorts afin de mettre à jour les mappemondes pour les générations qui surnageront ...
la reconquista
El futuro incierto
España debe participar en el mantenimiento del orden y la paz en el mundo. Los españoles saben lo que significa el terrorismo.
España ha también practicado la injusticia, la intolerancia, la privación de libertades públicas.
El mundo no pertenece a nadie, y es de todos.
Nuestro mundo ce acerca a una catástrofe des dimisiones insospechables
Para la humanidad.
Con el calentamiento de la tierra la polución de nuestro espacio natural
. En fin todo lo que vive está en peligro.
España tiene que preparase a viviré en condicione extremase.
Va a ver grandes migraciones de populaciones en el mundo, por falta de agua y alimentación, se nos avecina un desequilibrio demográfico como
Nunca en toda nuestra historia.
España en Europa y con Europa tiene que encontrar soluciones.
A es terrible problema humano, no queremos que nuestra sociedad
Vea el lado negativo y coja miedos.
Seguro que es tarde para muchas cosas y que no vamos a evitar todo.
“Yo ce que desde Cantabria brotará una renovación del occidente y una conquista mas pacifica de la tierra, pero durara tanto como la reconquista de España.”
Julio
Les bons airs
Contemplant le Rio de la Plata et son étrange reflet gris qui lui valut son nom, je soumets ce texte de Julio en version originale.
Tenemos que encontrar soluciones.
Voilà. Au boulot, les enfants.
on s'en sort toujours (du boulot)
L'avenir incertain la reconquête de l'Espagne devrait participer au maintien de l'ordre et la paix dans le monde. Les Espagnols savent ce que signifie le terrorisme. L'Espagne a aussi pratiqué l'injustice, l'intolérance, le déni des libertés civiles. Le monde n'appartient à personne, et pour tous. Notre monde présente à proximité d'une catastrophe de l'humanité insoupçonnées démissions . Avec le réchauffement de la planète de la pollution de notre environnement naturel. En bref tout ce que la vie est en danger. L'Espagne doit se préparer à vivre dans des conditions extrêmes. Vous allez voir les grandes migrations de populations dans le monde, par manque d'eau et de nourriture, nous nous approchons d'un déséquilibre démographique, comme jamais dans notre histoire . L'Espagne en Europe et l'Europe a besoin de trouver des solutions. Une terrible problème humain, nous ne voulons pas voir notre société et de prendre le côté négatif des craintes. Sûrement trop tard pour beaucoup de choses et nous ne pourrons pas éviter. Je sais ce que Cantabria printemps d'un renouvellement de l'Occident et un monde plus pacifique conquête de la terre, mais durera aussi longtemps que la reconquête de l'Espagne. Frengly.com
