LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

jeudi 26 avril 2018

204 - Vingt-troisième jour . Intime conviction

 

4/18.      On a voté une loi.

La loi a été votée aux premiers temps du millénaire par de braves députés de droite sur un projet inventé par de braves députés de gauche et sous prétexte d’une directive européenne. Une loi pour faire du féminisme de bonne conscience.

Mes objections précédentes sont inutiles. La nouvelle loi a tout prévu et nos sages ont barricadé l’avenir, il n’y aura pas de nom quadruples, l’élimination du trop plein de noms est organisée. Je comprends bien cette soudaine prudence devant les noms qui commencent à s’aligner dans le sens de la longueur, je ne vais pas me répéter. Mais voilà, on a fait une loi sous prétexte de grands principes égalitaires et féministes, et on s’empresse de les bafouer dès la seconde génération. Il va bien falloir éliminer, jeter des lignées entières aux orties, et qui va devoir faire le sale travail ? Les parents eux-mêmes. Où est le progrès ?

Je vais tenter de dire mon intime conviction que cette loi n’avait pas lieu d’être ; les amuse-bouche d’arguments qui précèdent ne sont pas ceux qui vont suivre. On ne les oublie pas, mais on examine. Je ne vais pas dépecer, cherchant ici ou là je ne sais quel modèle à brandir, les civilisations Navajos, Birmanes, Mongoles, Papoues, ni même Espagnoles ou Polonaises, ni aucune autre que la nôtre. C’est une manie trop répandue de brandir des modèles, le modèle suédois, le modèle allemand, le modèle américain, tout est bon pour servir de modèle à nous autres pauvres ignorants qui ne saurions pas comment vivre ensemble. Je ne cèderai pas à cette manie.

Le mot de civilisation est peut-être un peu fort, j’aurais pu me contenter du mot culture, ou du mot usage, ou du mot pratique. A vous de choisir, je m’en voudrais de choquer les esprits sensibles avec un mot trop fort, ou d’affadir mon discours avec un mot trop faible. La pratique du nom et de sa transmission s’inscrit dans un contexte emberlificoté de traditions et de modes de vie, qu’on peut appeler pratiques, usages, cultures et parfois civilisations. On ne peut jamais impunément extraire d’ici ou de là-bas un élément de son contexte pour l’insérer chez soi. Ce qui fonctionne ailleurs ne fonctionne pas ipso facto autre part.

La question du nom de l’enfant chez les indiens ou chez les mongols est liée à leurs savoirs, à leurs conditions de vie et de survie, dans le monde qui est le leur. Nos façons de faire leur sont tout aussi étrangères que les leurs pour nous. Tenter d’implanter un élément des unes chez les autres est voué à l’échec, qu’on détruise l’élément qu’on a voulu inoculer ou qu’on détruise la culture dans laquelle on a voulu l’inoculer. J’aimerais bien éviter les importations étourdies et les invasions barbares, même lorsqu’elles ne sont, avant de devenir importation ou invasion, ni étourdies ni barbares.

Je crois que je m’éloigne de mon sujet, non ? Peut-être pas tant qu’il n’y paraît.

5/18 à suivre

 

 

 

Posté par andremriviere à 00:12 - 201 - CH.06 . Au nom du père .I. - Commentaires [0] - Permalien [#]

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