LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 24 juillet 2018

209 - CHAPITRE SEPTIEME . AU NOM DU PERE 2ème partie (Vingt-septième jour)

Vingt-septième jour : Il n’y a pas de liberté du nom.

8/18 – Mes histoires de carrefour vous font une belle jambe, et je n’en ai pas fini.

J’ai passé beaucoup de temps à expliquer pourquoi la question du nom m’est précieuse, pourquoi elle ne se réfléchit que dans le monde d’ici et de maintenant, pourquoi il ne s’agit pas de principes universels mais de la nécessaire continuité d’un monde, le mien, le nôtre. Il me faut maintenant entrer dans l’arène, défendre mon indéfendable bout de gras, le bon vieux geste patriarcal et archaïque de la transmission du nom par le père. Parce que ce sont bien ces épithètes dont on va m’affubler. Il est tellement simple d’affubler d’épithètes plutôt que de réfléchir. J’ai lu il a peu cet aphorisme qui me plaît, ou cette définition plutôt : on a des idées arrêtées quand on cesse de penser.

Voilà ce qui m’attend, et derrière la seule question du nom, oublier prénoms, surnoms, diminutifs, pseudonymes et noms d’oiseaux, surtout ceux dont on va m’affubler.

Pour commencer, dans la longue litanie des naissances et des morts, le nom que chacun de nous porte est le fil fragile qui nous unit à notre histoire ; ce fil ne nous appartient pas, non plus qu’à nos parents, il faut ne pas jouer avec sous peine de rupture, de dérive. Tant de menaces guettent qu’il est bien léger d’en ajouter une. Rien n’interdit de changer son nom s’il y a de bonnes raisons. Mais il faut y mettre le temps et les formes, il faut une procédure, un juge en état de marche, des intervenants divers qui auront leur mot à dire, leur grain à moudre. Pas de changement à la sauvette, mais une décision après débat public et contradictoire. Et point de lois, surtout.

Après tout, notre fantaisie et notre liberté s’expriment par les prénoms, les surnoms, les noms d’usage, les pseudonymes, tout un attirail avec lequel les parents, les passants, les amis, les voisins et nous-mêmes pouvons nous habiller, nous dévoiler, nous cacher. Même l’administration et ses papiers poussiéreux en tiennent compte, qui prévoient des cases à cet effet. Facultatives, les cases ; c’est dire si on est libre.

Mais fini de baguenauder, il va falloir parler sérieusement. Puisque la règle est si importante, pourquoi dois-je me raccrocher à la règle patriarcale, le nom du père, pourquoi cet appel aux bonnes vieilles pesanteurs ? On va me reprocher d’enfermer la femme dans son fabuleux destin de ventre reproducteur et rien d’autre, et de renier mes sirènes féministes et Dieu sait qu’elles sont parfois attirantes, les sirènes, Ulysse me l’avait bien dit.

Je n’enferme personne et je ne renie rien. Ce n’est pas si facile à expliquer mais j’ai ma petite idée là-dessus.

à suivre 9/18

 

 

Posté par andremriviere à 22:07 - 209 - CH.07 . Au nom du père .II. - Commentaires [0] - Permalien [#]

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