LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

samedi 22 septembre 2018

211 - Vingt-neuvième jour . L'évidence du droit

 

10/18 – On a ouvert la porte à cette étrange liberté : un nom pour Séraphine, puisque la loi se tait.

 

Alors, père ou mère, qui va transmettre son nom, ou plus exactement à qui faut-il demander de transmettre son nom et à qui de l’abandonner ? Lançons-nous dans le marécage sournois. Je ne sais pas si vous avez remarqué, il y a une légère différence entre l’homme et la femme. Neuf mois durant, elle porte l’embryon puis le fœtus, ce qui deviendra un être humain au moment du cri primordial.

Nous y voilà. La malédiction physiologique. La Nature et sa grande haine. Les violons commencent à gémir dans le fond et vous attendez la chanson de la divine maternité, le don de la vie, et tout le fourbi. On a vu le ventre s’arrondir, les seins se gonfler, le visage s’épanouir.

Raté, ne comptez pas sur moi, ni pour les violons ni pour le fourbis. Il est des grossesses nauséeuses, interminables, et je connais des femmes qui ne veulent pas en entendre même parler, des femmes pour qui ce ne sera jamais, et des femmes pour qui plus jamais ça. Des femmes n’y ont pas survécu, beaucoup aux temps anciens et encore un peu aujourd’hui.

Je respecte et j’admire ces femmes qui ont le courage du refus d’enfanter, ce refus encore si mal vu de nos jours dans nos cités, sans même aller voir d’autres cieux plus lourds de menaces encore. Comment pourrait-on les blâmer, de quel droit, à quel titre, en quel nom ? L’enfantement est la prérogative absolue de la femme : dans une société libre digne de ce mot, la femme dispose, la femme devrait disposer sans limite. Nous sommes des mammifères et le fœtus est porté par la femme, on n’a pas encore trouvé moins pire pour assurer la descendance, même à nos temps présents ; elle en subit les risques, les souffrances, les contraintes, alors elle doit avoir toute liberté, neuf mois durant, de renoncer, de disposer. Ce droit n’est pas négociable, échangeable, partageable. Je ne saurais être plus clair dans le discours, et je sais bien qu’il n’est pas audible. C’est pourquoi je le plaque sans détour ni fioriture, il devra tôt ou tard devenir ce qu’il est, un impératif de civilisation. Nous sommes encore plongé dans l’obscurité des temps primitifs, qui nous croyons évolués.

Le seul droit du fœtus qui vaille est le droit de la femme qui le porte. Ce que j’écris au sujet du nom de l’enfant n’a aucun sens, autrement.

Que la grossesse soit une bénédiction ou une malédiction, c’est la femme qui porte l’enfant. Ni vous ni moi n’y pouvons rien, aucun homme n’y peut rien, aucune autre femme non plus d’ailleurs. Mon sentiment est que la majorité des femmes est heureuse de cet état de choses, mais ce n’est que mon sentiment et il ne pèse rien dans ce discours, n’en tenez pas compte sinon pour une petite digression histoire de mélanger un peu vos pinceaux.

11/18 à suivre

Posté par andremriviere à 00:29 - 209 - CH.07 . Au nom du père .II. - Commentaires [0] - Permalien [#]

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