LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

samedi 1 juin 2019

310 - CHAPITRE DIXIEME . Besoin de rien (Quarante-troisième jour)

Vivre ou ne pas vivre dans le monde. De l’égoïsme nécessaire.

Quarante-troisième jour. La ligne

Octobre 2002. Il fallait que je me secoue, que je laisse morosité et colère tenir le registre de la chapelle et que je fasse un petit tour de frais. Le vent s’est levé depuis quelques jours. L’air est plus transparent que jamais. On voit bien les bouts de terre au loin, derrière la ligne, ocres sur fond bleu. Parfois un petit nuage de poussière révèle le passage d’une voiture sur quelque chemin. Il y aurait une vie là-bas, aussi.

Un homme, ou une femme, pourquoi serait-ce forcément un homme, respire et regarde le chemin sur lequel elle roule. Elle surveille les nids de poule, le chemin n’est pas en bon état et la voiture non plus d’ailleurs. Elle revient de sa moitié de capitale où il a acheté quelques objets, je suppose qu’il en est ainsi. Il respire, elle conduit, quel qu’il soit, ou elle, avec une famille, des gens qu’elle aime, des gens qu’il hait.

Il ou elle, chair et os, haine et amour, souci du lendemain, des nids de poule, que vient faire ici cette ligne ? On me donnera trois cents raisons très intelligentes pour m’expliquer que nécessairement cette ligne doit être, et pourquoi pas utile et bienfaisante tant qu’on y est. Les arguments intelligents parviennent toujours à leur fin.

Il me plaît parfois de ne pas être intelligent. Il me plaît de croire que la vie de cette femme ou de cet homme là-bas réduite à ce petit nuage de poussière, et la mienne, seraient meilleures s’il n’y avait pour elle comme pour moi un autre côté de la ligne, s’il n’y avait pas de ligne.

Posté par andremriviere à 01:22 - 310 - CH.10 . Besoin de rien - Commentaires [0] - Permalien [#]

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