LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mercredi 6 mai 2020

326 - Cinquante-sixième jour . Cet homme est corse

2.

En réalité, je ne sais pas s’il l’est. Je ne me suis pas plongé dans les archives généalogiques ni même dans les méandres de l’état-civil. Que les Corses m’en excusent s’il ne l’est pas, qui peut-être ne veulent pas le compter parmi eux. Je n’en serais pas autrement étonné, les Corses savent les choses, parfois, sans qu’on ait besoin de les dire. Je n’y peux rien s’il a un nom qui fleure bon la Figatelle, le Brocciu, le myrte sauvage et le maquis brûlé, s’il a un nom qui laisse un arrière-goût d’omerta et de bergerie. Nul n’est fautif du seul fait de porter le nom de ses pères.

Je le sais Corse, au fond. Il connaît les cimes claires de sa montagne, les torrents joyeux du printemps desséchés en été, et les canicules de la plaine. Il est de cette grande île cousine où l’on respecte les vieux, le mot ne fait pas peur là-bas et inspire parfois le respect, où leur porter assistance est un mode de vie, une règle de survie depuis l’éternité des premiers âges, où l’on écoute leur parole car il faut sauver la bibliothèque avant le feu.

Je n’y peux rien si cet homme est Corse. Je laisse le soin à ses compatriotes de le garder parmi eux ou de le rejeter, je n’interviens pas dans ces choix là. Que l’on me comprenne bien, j’ai invoqué l’omerta et les bergeries parce que ce sont des réalités Corses, il n’y a là aucun jugement, aucun fiel, j’en sais juste l’existence ; de vivre sur une île un peu semblable me facilite la compréhension des secrets. Je ne tiens pas à faire tout un plat des Corses ni de la Corse et ce n’est que cet homme que je veux cuisiner. La seule chose qui m’importe et qui me rend la Corse nécessaire ici est que ce pays sait ce qu’est la chaleur de l’été, que ce pays sait la valeur de la vieillesse, que ce pays sait le respect dû aux vieux, ils n’ont pas peur de ce mot dans ce pays là, et ce sont des vertus corses.

Alors on peut me reprocher de faire le procès des corses, après tout le lecteur a toutes les libertés et s’il comprend de travers c’est que l’écriveur n’a pas écrit droit. Mais alors le texte ainsi lu devient celui du lecteur et il y aura autant de textes que de lecteurs. L’écriveur n’existe plus, ne lui faites pas cette mauvaise querelle.

Posté par andremriviere à 23:33 - 324 . CH.13 . The Man I love - Commentaires [0] - Permalien [#]

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