MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

vendredi 28 octobre 2005

CHAPITRE SIXIEME - 6.1 Gromeler.

6.1. Dix-neuvième jour (septembre 2002). Une humeur de moine, une humeur de chien.

1°)    Il faudrait tout recommencer.

Voilà plus de trois ans que je noircis deux pages de carnets, tous les six mois, de pensées définitives et de théories stupéfiantes. Je m’étonne surtout de ne pas me trouver plus ridicule que je ne suis. Je change un mot, ici ou là, quand par hasard je me relis, ou quand je retranscris le crayon sur un écran, je retourne une tournure, je calme un délire ou je l’aggrave, je tais une dissonance, mais mes idées je les garde. La femme, l’homme, l’enfant, l’adoption, Dieu, l’éternité, la mort. Je les garde comme je les ai faites.

Plus que jamais je désire rétrécir ma retraite ; ma petite chapelle enfumée est encore trop grande et je vais rapprocher la clôture. A quoi bon les grands espaces, les plateaux arides coupés de gorges inaccessibles ; à quoi bon jeter d’immenses passerelles sur les abîmes vertigineux ? La poussière reste et gagne, toujours, elle danse dans la lumière, tant qu’il y aura de la lumière.

Je croyais gagner de l’éternité en écrivant. J’ai dû gagner quelques jours de survie, et mes idées se noient dans mon verre d'eau. Le haut du pavé s’élève encore et nous écrase de certitudes et de sollicitude. Il existe à Sienne un tableau sur la bonne gouvernance et sur la mauvaise gouvernance ; il ne dit pas ce qu’est la gouvernance par le bas, la flatterie de l’instinct, la facilité immédiate, l’appétit de plaire, le contentement de soi, les ravages de Lapalisse.

Tartarin de Tarascon est le chef de la police, malheur à qui regarde la mobylette de son voisin, mais tous les honneurs sont réservés aux voleurs intouchables en lambris dorés ; Je ne peux plus continuer à ruminer ma rage et mon impuissance. Je sais qu’il faut les dire, mais je sais qu’elles ne partiront pas.

( à suivre, pour le 2°)

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vendredi 4 novembre 2005

6.1. Gromeler #2.

2°) Tartarin.

    Nous voici engagés, nous l’Europe et avec nous l’occident tout entier, si ce n’est le mot exact je nomme ainsi le monde dont je suis volens nolens, nous voici engagés dans la destruction méthodique de nos racines et du tronc qui nous y relie, de nos fondations mentales, de notre raison d’être. Est-il de ce monde ou d’Europe, ce moine, ou de sa chapelle ?

Au nom de la sécurité, on voudrait que j’y mette une majuscule mais pas question, désormais leur nouveau veau d’or, voici qu’on assassine à petit feu la liberté d’être, et même celle de paraître pour peu que l’apparence soit un peu différente, la liberté d’aller et de venir, la liberté de dire.

Le phénomène est insidieux et chacun s’en défend, mais la réaction en chaîne ne fait juste que s’amorcer, diverger disent les réactionnaires en chaîne. Nous n’avons encore rien vu. Il faut, il est encore temps, répéter un absolu intangible et intemporel, sans discontinuer et peu importe que la complainte soit ancienne, banale, rebattue, lieu commun : à quoi bon la liberté si nous devons y renoncer pour combattre ceux qui la combattent ? A quoi bon l’égalité si on lui donne un air de misère venue du sud pour justifier la construction d’un mur ? A quoi bon la fraternité si elle sert à dérouler le tapis rouge pour la parade des escrocs ?

Ils ont renoncé à la sève républicaine, ceux-là que la sève républicaine a installé dans les palais, et ils flattent les peurs de quelques uns en oubliant les quatre cinquièmes qui les ont fait rois. Ils remplissent les prisons avec des enfants perdus au nom du refus d’impunité qu’ils ne s’appliquent pas à eux-mêmes, alors que leur travail serait de les retrouver, ces enfants.

(à suivre, le #3)

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samedi 5 novembre 2005

6.1 Grommeler #3.

3°)    Tartarin.    
                                            Je vous entends déjà : et si vous étiez l’agressé, parleriez-vous le même langage ? et si on vous tuait vos enfant, ou pire encore ? Faux débat, messieurs les démagogues.

Vous le savez comme moi, la colère et la souffrance de la victime ne se soignent pas avec des bourreaux ni des barreaux, et la brutalité contre un criminel n’a jamais recousu une plaie. Occupez-vous déjà de recoudre les plaies, occupez-vous aussi des criminels, évitez d’abord d’en fabriquer par votre exemple et votre incompétence. Soignez ceux qu’on peut soigner, et protégez-nous des incurables.

Plus facile à dire qu’à faire, n’est-ce pas ? Personne ne vous a obligé de solliciter nos suffrages, personne ne vous a obligé d’être là où vous êtes, il est un peu tard pour vous apercevoir que vous êtes des incapables. Il est encore temps de partir. Et si vous restez, cessez de gesticuler, et faites votre difficile travail : une tâche patiente et ardue vous attend dans les palais que vous convoitiez, alors accomplissez là en silence.

Evidemment, pour Tartarin, c’est hors de portée.

(Cachet de la poste septembre 2002)

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dimanche 6 novembre 2005

6.2. L'ordre moral #1.

6.2. Vingtième jour.

1°)    L’ordre moral est de retour.         
                                            Le moine Théolone
s’est mis à écrire sur notre police et sur notre justice, sur nos ministres du jour, et voici qu’il ajoute un petit couplet, ou plutôt un refrain. Il y a déjà quelque temps qu’il m’avait envoyé ce refrain. J’ai l’impression que le temps passé n’a rien retiré à l'écriture qui noircissait le feuillet froissé.

On m’abreuve de théories au sujet de, comment le disent-ils, l’insécurité. Grands débats montés en épingle selon une savante dramaturgie, avec à ma gauche, par exemple, ceux qui sont accusés de négligence coupable, et à ma droite les agitateurs de chiffons rouges. Très loin à ma droite, et un peu plus bas. Mais de quoi parle-t’on, au juste ?

De celui qui hurle bien au chaud dans son cube en tôle monté sur quatre roues motrices, et qui peut tuer pour une rayure ou un geste ? Ou de celui encore enfant dans son crâne que personne n’a jamais regardé et qui soudain veut exister, mais c’est trop tard il faut l’enfermer. Qui va-t’on montrer du doigt ? L’enfant bien sûr, et si au lieu de le montrer du doigt on lui tend la main il va la mordre, comment pourrait-il deviner ? Je sais bien que je ne lui tendrai pas la main, ni aux parents qui n’ont pas vu qu’ils n’existaient plus dans ce monde. Je ne saurai jamais tendre la main à ces gens, parce que la bonne volonté ne suffit plus désormais, un barrage trop haut est levé, je veux une compétence qui le fera pour moi.

Je montrerai du doigt ceux qui ont rejeté le père parce qu’ils n’avaient plus besoin de son travail, ceux qui ont fermé la gare la poste et l’école de ce coin du monde où vivaient le père et l’enfant et qui lui donnaient un air de coin du monde, je montrerai du doigt le guichetier qui a refusé la carte de séjour  tout fier de son pouvoir de guichetier, au nom d’une règle que personne ne lui demandait d’appliquer. Je montrerai du doigt le comptable qui dresse les listes de qui garder et qui rejeter, numéro après numéro, et qui se targue de gestion au gré des courbes et des déliés. Je n’ai rien contre les comptables, mais j’aimerais qu’ils sachent les flots de sang et les livres de chair qui se cachent derrière leurs chiffres, j’aimerais qu’ils découvrent que leurs chiffres ne sont pas leur monde.

Qui fait donc l’insécurité chez nous, qui est le coupable et qui est la victime ? Parlons-en, des victimes.

(#2 à suivre)

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lundi 7 novembre 2005

6.2. L'ordre moral #2.

2°)    Il a installé sa table pliante devant la petite chapelle.               
                                                                                  C’est ce qu’il me raconte. Il dit que le vent est tombé, et que et les oiseaux ont un air de fin de saison. Ils se groupent, ils s’affairent pour ne rien dire. On se croirait dans une entreprise, à les voir.

Je peux étaler mes papiers et cesser de m’envoler de rage. Je ne suis pas une hirondelle, je ne fais printemps ni automne, je ne cherche pas là où il ferait meilleur. Moine je suis et ma chaise est fixe. Vous avez deviné ce qui bout en moi à la lecture des journaux et à l’écoute des ondes, images et sons. Il me faut pourtant reprendre mon souffle et oublier les premiers mouvements, la colère dont on dit qu’elle méconseille.

Rassurez-vous, j’y reviendrai, à ma colère, il y a toujours une coda. Entre temps, quelques accords, quelques silences, quelques dissonances, viendront semer la variation et la fugue, quelques désaccords aussi, inévitables.

Les pôles, il faut deux pôle pour un combat : à ma gauche, mais qu’y a-t’il à ma gauche, ils sont tous passés en face ! Voyons en face, à ma droite. L’ordre règne. Les bottes battent le pavé. Le chef gesticule devant les caméras. Je connais son discours, je peux le resservir en ayant coupé le son. La violence s’exerce d’abord sur les faibles et les démunis dit le chef, et je viens vous protéger vous qui avez tant besoin de moi, vous tous commerçants ouvriers paysans, je viens vous protéger des hordes frénétiques surgies d’on ne sait où. Le chef ne les nomme pas, les hordes, il sait car tout le monde a bien fait son travail que chacun mettra un visage et une couleur sur on ne sait où. Il sait qu’il y aura beaucoup plus de café et de chocolat que d’eau et de lait. Il sait que le Sud est beaucoup plus on ne sait où que le Nord. Il ne dira rien, on ne pourra rien lui reprocher.

On entend les bottes derrière le chef qui vont maintenir l’ordre, qui vont attaquer le symptôme. On va arracher la peau à qui a la lèpre croyant le guérir. Et le pauvre à qui l’on voulait faire croire qu’ainsi il était protégé se retrouvera sur les routes et dans la mer, après avoir perdu son travail, sa maison, sa famille, et il sera renvoyé dans un pays dont il ne parle pas la langue et où il n’était jamais allé.

A gauche, ils se taisent.

(#3 à suivre)

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mardi 8 novembre 2005

6.2. L'ordre moral #3.

3°)    L’omelette, le lecteur et la Directrice.                
                                                                 Je sais, monsieur mon lecteur et madame la Directrice, qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, et que je serai bien le premier à réclamer la mort pour qui m’aurait tué ceux que j’aime, le premier à oublier alors mes beaux discours qu’on qualifiera d’humanistes avec un rien de moquerie. Mais la société n’a que faire de mes pulsions ni le moine qui rôde.

Je vous dirai un jour tout le mal que je pense du mot humanisme. Nous en reparlerons. Monsieur le chef, monsieur le chef de la police, je déteste votre complaisance à flatter les peurs pour asséner vos coups bas, voter vos lois scélérates, lâcher vos sbires policiers ; votre empressement à effacer ce qui vous a pourtant permis, à vous, d'être ici. Si vous prétendez protéger ce monde dont vous êtes désormais, il vous incombe d’ignorer les démons de notre société, de toute société, et de refuser peurs, colères, vengeances, tout ce qui, de l’intérieur vous qui en êtes le ministre, pourrait la détruire.

Monsieur le ministre, vous ne protégerez pas la société en bafouant les règles qui la fondent, quand bien même ces règles protègeraient aussi ses ennemis. Ces ennemis là n’attendent que de vous voir gesticuler ainsi sous prétexte de les combattre car il savent qu’à ce moment précis ils ont gagné la bataille.

C’est pourquoi votre agitation me terrifie au lieu de me rassurer.

Encore une fois, le symptôme n’est pas la maladie, même s’il faut lui accorder attention et vigilance et éviter qu’il ne l’aggrave, mais pour ne vous occuper que de lui, vous attaquez nos libertés et vous donnez ainsi raison à tous ceux qui voudraient nous en priver, de notre liberté ; vous êtes le médecin qui pour détruire la maladie administre un remède qui détruit le malade.

(#4 à suivre)

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jeudi 17 novembre 2005

6.2. L'ordre moral #4.

4°)    Certaines villes ou certains quartiers sont inaccessibles et invivables.         
                               Je le sais madame la Directrice. Il y faut de l’autorité, de l’énergie, de la présence. Policière, oui, éducative aussi, civilisée, nombreuse, compétente. Quelques cow-boys n’ont jamais porté la paix dans les rues. Le moine me l’écrivait bien avant que l’autre énervé ne vienne mettre le feu aux lieux.

Je suis bien incapable, pauvre de moine, d’aller parlementer avec les habitants les plus patibulaires de ces endroits, prêts à tout pour me voler ma belle auto rutilante. Je ne vais pas prétendre ici qu’un beau discours est une protection suffisante. Cet angélisme me va mal, et je sais bien qu’il faut d’autres armes, je sais bien et vous devez savoir, monsieur le chef, et encore mieux que moi, que la meilleure arme est d’abord la compétence.

Me voici entouré de tous les malfrats dont vous m’aviez menacé. Où est le policier qui va me tirer de ce mauvais pas ? Où sont les éducateurs, bien payés, bien épaulés, qui auraient dû les encadrer à cette heure là, quand leurs parents cherchent encore du travail ? Où est le téléphone pour appeler, le café pour me restaurer, l’hôpital pour me soigner ? Le voici, votre travail, monsieur le chef, et vous ne le faites pas. Nul besoin de changer la loi, nul besoin de tordre le cou à nos grands principes démocratiques sous prétexte, comment dites vous, d’une efficacité jamais atteinte, illusoire, incompétente.

Vous préférez gesticuler, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, devant caméras et badauds ébaubis, mais un jour vous serez la honte de vos enfants pour ce que vous avez fait et ce que vous n’avez pas fait.

(Cachet de la poste 29 septembre 2002)

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lundi 28 novembre 2005

6.3. Gouvernance.

6.3.         Vingt-et-unième jour.

La bonne gouvernance.
                            Les grands principes démocratiques. Les gros mots sont lâchés, un peu ridicules, pompeux, désuets, dérisoires. Comment disent les bonnes gens d’aujourd’hui ? Ringards, disent-ils. Ces mots sont ringards. Voilà ce que disent les gens d’aujourd’hui. Ou d’hier, je ne suit pas les usages d’assez près, ils disent peut-être un autre mot, maintenant, les gens, et ringard est à son tour ringard.

Voilà aussi pourquoi j’écris, pour leur permettre de survivre, leur donner une toute petite chance de survie, à ces gros mots. Vous prétendez les défendre, ces grands principes, Monsieur le Ministre, avec vos airs de très sûr de vous télévisuel. Alors commencez par les respecter vous-même. Mettez-vous devant la glace tous les matins, et récitez deux fois la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pensez au droit de la défense, à la présomption d’innocence ; si vous craignez d’user ces mots à force de trop les prononcer, alors faites comme celui-là qui disait à propos de tout autre chose, n’en parler jamais y penser toujours.

Je m’égare. Je sais bien que je suis en dehors du sujet. Mais n’oubliez pas qu’ici, le sujet, c’est moi qui le choisis.

Vous avez découvert qu’en vous cachant derrière la sauvegarde de notre sécurité, bel écran de fumée, la sécurité, ma sécurité, vous alliez réussir à détruire ce que vous haïssez tant, au fond, et que j’ai nommé avec des mots ringards. L’occasion est trop belle pour vous et vos complices ; impuissant, je vous vois faire depuis mon banc public, vous, le gnome du Poitou, la rombière des Millevaches, le garde des impunités.

De nouveau, je me penche vers la gauche pour évaluer les forces en présence et je ne vois personne. Ceux qui devraient crier leur colère restent coi, et laissent déferler la vague satisfaite. Ils ont oublié qui ils étaient. Ils nous préparent sans doute quelque coup monté qui va nous étonner, mais pour le moment sœur Anne est devenue aveugle. Le vent se lève et la poussière, il est temps de replier ma table. Je referme le petit carnet, j’empile les papiers dans le coffre. Il me faut fermer la chapelle à clé pour la nuit, on ne sait jamais, avec tous ces policiers qui rôdent.

Début Octobre 2002.

(à suivre)

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mercredi 14 décembre 2005

6.4. Impunité.

  •     6.4.        Vingt-deuxième jour.

L’impunité vous dis-je.
                                    Elle scandalise celui qui s’est vu jeté dans la boue ou balafré dans une rue sombre. Elle encourage le balafreur, bientôt le voici roi du monde. Quelle est cette loi dont on le menace et qui se tait ?

Lorsque enfant il a vu ainsi prospérer son grand frère balafreur, et en reflet repoussoir son père s’amoindrir dans le respect de l’écrit, du savoir et du droit, et attendre bien sagement courbant l'échine le bon vouloir des uns et les subventions des autres, comment pourrait-il comprendre soudain qu’il mérite la matraque et la prison. Et s’il se trouve enfermé et puni, il ne comprendra jamais rien sinon qu’il lui faudra être plus dur encore pour échapper, la prochaine fois, à ce châtiment injuste venu de ceux qui humilient son père silencieux.

Le droit chemin n’est pas pour demain, Monsieur le Ministre, si vous restez du bon côté de la matraque.

C’est trop tard maintenant, l’enfant est devenu bête féroce qui ne sera pas la première à lâcher prise. C’est à nous, gens de la bonne société, car nous le sommes n’est-ce pas, d’oublier nos matraques et nos prisons, et de trouver comment sauver cette énergie, pour eux, et pour nous.

Pour en finir avec l’impunité qu’on nous brandit comme un épouvantail pour faire avaler d’autres couleuvres autrement plus graves, je me souviens que ces brandisseurs d’épouvantails sont parfois les plus impunis de vos impunis.

FIN - Fiches reçues entre Septembre et Octobre 2002.

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