LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

vendredi 22 décembre 2006

‎16.10.‎ Le combat.‎

Octante-deuxième jour. Je m’assoie et j’attends que le moine repasse, là. Il reviendra bien, près de son icône. Il doit commencer à s’habituer au perpétuel combat de l’ombre et de la lumière. 10°) Le combat. Le Nil est un autre fleuve que je n’avais jamais vu, une après-midi à le contempler comme si de rien n’était, et rien n’est. Ce n’est plus le fleuve que j’avais contemplé qui s’étire en luisant sous les étoiles, le monde renaît encore, je parie que demain le soleil va se lever, un soleil tout neuf. Je m’extrais de... [Lire la suite]
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mercredi 20 décembre 2006

‎16.9.‎ Coucher de soleil sur le Nil.‎

Octante-et-unième jour. Soyons fous. Suivons. 9°) Coucher de soleil sur le Nil. Mon vieil Héraklite, nous voici tous les deux au milieu de l’agora comme deux branquignols, tout le monde est parti et la terre tremble. Le moment est venu. Aristote a perdu la partie, nous ne le jetterons pas au panier car il peut encore servir, mais il ne rira plus. Place à la contrariété fondamentale. Le soleil décline petit à petit sur le mausolée. Les voiles des felouques lavent plus blanc sur fond de berges assombries. L’heure tourne... [Lire la suite]
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mardi 19 décembre 2006

‎16.8.‎ La raison folle.‎

Octantième jour. J’ai de plus en plus de mal à suivre. Suite, donc, encore, toujours… 8°) La raison folle. Elle n’aurait pas dû l’être, elle ne l’était pas pourtant, par définition elle en est le contraire. Ils ont réussi, ceux qui s’en réclamèrent sans réfléchir, ils ont réussi à la rendre folle à force de la pétrir pour la modeler aux grilles d’Aristote qui n’en demandait pas tant. Qu’avait-il besoin de saccager Héraklite, quand il lui aurait été si utile ? Ils ont pétri la raison à la folie, un pelotage en bande... [Lire la suite]
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lundi 18 décembre 2006

‎16.7.‎ Le gouffre d’Aristote.‎

 Septante-neuvième jour. Logorrhée Suite…. 7°) Le gouffre d’Aristote. Rira bien qui rira le dernier, camarade Aristote. Voilà deux mille ans qu’on vous a assaisonné, à moins que ce ne soit vous qui nous ayez assaisonné, je ne sais plus très bien lequel a commencé. Les pères de l’Eglise vous ont caché sous leur soutane et dès lors nous étions perdus. Les mollahs vous ont enrôlé dans leur turban et ce fut pire. Puis, dans un dernier effort, oubliant l’esprit fugace, les grilles que vous aviez construites pour lire... [Lire la suite]
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vendredi 15 décembre 2006

‎16.6.‎ L’ordre mondial.‎

Septante-huitième jour. Je n’ai rien d’autre à faire qu’à laisser la logorrhée couler, comme le moine devant son île, devant son Nil. 6°) L’ordre mondial. Vous souriez Héraklite. Je vois bien que vous souriez. Je suis comme vous, je me prélasse devant l’île Eléphantine dans le ronflement du ventilateur et-les trompes des barques, mais pas un mot sur l’habit de lumière. Mon écriture tapie au fond d’un carnet délabré ne vaut pas plus cher que vos tablettes, vos papyrus ou vos parchemins, je ne sais de quoi étaient faits... [Lire la suite]
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mercredi 13 décembre 2006

‎16.5.‎ La vieille cataracte.‎

Il s’était bien caché, mais je l’ai su. Le moine s’est planté sur la terrasse de l’hôtel le plus littéraire d’Égypte, il le fallait bien pour bavarder avec Héraklite, puis il a repris ses discours. L’Égypte l’a un peu détourné de ses intentions initiales, mais n’est-ce pas le rôle millénaire de l’Égypte, que le détournement devienne le droit chemin ? Septante-septième jour Mars 2004 – 5°) La vieille cataracte. Devant mes yeux incrédules coule le Nil et se terrent les ruines des temples. Il fallait que ce fût... [Lire la suite]
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mardi 12 décembre 2006

‎16.4.‎ Les chevilles du sage.‎

Héraklite, lui aussi pourtant s’en était donné des airs supérieurs. Il portait haut et court sa misanthropie, bandouillère pour se pendre. L’humour d’Héraklite et sa modestie, je risquerais de les chercher longtemps, et nos deux protubérants pourraient ainsi ricaner. Septante-sixième jour.   Mars 2004. 4°) Les chevilles du sage.   Mais il fut sauvé par sa destruction même. Sa mort pitoyable le transfigure et le rend humain, tout bonnement humain, loin des airs supérieurs et des certitudes imparables.... [Lire la suite]
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vendredi 24 novembre 2006

‎16.3.‎ Les ruines d’Héraklite.‎

Héraklite. On se souvient de son nom, on sait qu’il construisit un univers entier. Quel univers déjà avait-il construit ? Septante-cinquième jour. Hautain et obscur, il a parlé dans le désert et s’est laissé mourir dans la bouse. Après lui furent nombreux ceux qui sans mal se moquèrent. Il ne restait déjà de lui que des pans de murs, des colonnes sans chapiteaux, des images martelées ; l’on put railler l’incohérence et l’insuffisance sans quartier et sans risque de contredit. Aristote ou la victoire sans... [Lire la suite]
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mardi 21 novembre 2006

‎16.2.‎ L’habit de lumière.‎

Le moine se sent bien devant sa chapelle à sourire au touriste. Septante-quatrième jour.  Il me photographie, le regard vague et la pensée oscillante. Regard et pensée sont autant ceux du touriste que miens. Après le déclic, il me donne une pièce, un billet. Ainsi va la vie. Il va falloir me lever de ma chaise, ôter ma bure noire, et revêtir un habit de lumière soigneusement assorti. Il faudra plaire à la cohorte des messagers qui vont transporter ma bonne parole, puis il faudra plaire à qui ne sait... [Lire la suite]
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mardi 14 novembre 2006

16. LE COMPLEXE D'HERAKLITE.

16.1    Le moine m’a demandé de reprendre le cours de ses vieilles lunes. Il était pressé d’en finir avec le père, il peut reprendre sa route. Il prétend désormais philosopher pour de vrai : fini de rire, ce n’est plus l’heure de la pause façon sieste mais l’heure de la pose façon Rodin. Puisqu’il le dit, je ne vais pas le contrarier, le vieux. Mars 2004. Septante-troisième jour : retour aux sources. Devant ma chapelle, je l’imagine facilement, le poète. Vous en souvenez-vous au moins, du poète ? Celui... [Lire la suite]
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