MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

vendredi 9 février 2007

‎18.‎ DIOGENE REVIENT.‎ 18.1 Lui et les autres.

Octante-huitième jour, première heure.

Le moine va nous resservir du Diogène. Non pour pourfendre davantage, bien que ce ne soit pas l’envie qui lui manque, mais à cause de ses adeptes et de ses serviles plagiaires, à cause des postures bien plus qu’à cause de la cause. Le moine déteste les postures, dirait-on, et pour le montrer il prend la pose. Les diogêneurs se haussent et se gaussent.

Lui et les autres.

Il faut que je m’occupe du cas de Diogène. Je l’ai déjà fait, je fais ce que je veux, je le refais. Il va me reposer d’Héraklite. Il me fatigue les yeux depuis trop longtemps avec sa lanterne qu’il me braque. Il crie à qui l’entend que je ne suis pas un homme ; et lui, l’est-il ?

A poser cette question, je tombe comme un fruit trop mûr dans le piège qu’il me tend. Bien sûr qu’il n’est pas un homme lui non plus, il ne l’a jamais prétendu et tenter de le perdre ainsi est coup d’épée dans le méandre. Il dit ne pas savoir ce que c’est, il dit que sa lanterne est là pour l’aider à trouver un homme dans la nuit, quand il ferait jour. Je ne vais pas prétendre que je le sais et lui faire la leçon, j’aurais l’air malin et il le sait, il m’emprisonne dans sa logique et dans sa cohérence.

S’il était un de ces petits morveux qui braillent sur la Société pourrie et sur l’homme méprisable, assis dans son fauteuil ostensiblement modeste, à l’abri d’un toit même branlant, mangeant quelque frugal aliment, il me serait facile de le renvoyer à sa vaine prétention et à son ridicule orgueil de cracher sur qui l’a meublé, abrité, nourri. Trop facile. Inutile au fond de se fatiguer contre ces braillards d’opérette.

à suivre.

Posté par andremriviere à 17:37 - CH.18 - DIOGENE REVIENT. - Commentaires [1] - Permalien [#]


lundi 12 février 2007

18.2 Fermer sa gueule.‎

Octante-huitième jour, deuxième heure.

Fermer sa gueule.

Quelle que soit la violence avec laquelle je tenterais de lui faire comprendre que sa seule cohérence est de se taire, de la fermer, de fermer sa petite gueule, il continuera. Il braillera à la censure, au fascisme, au nazisme, à toutes ces choses qui me font très plaisir d’être traité, vous pensez. Il ne voudra jamais entendre que son idole, l’homme au tonneau qui n’avait pas encore été inventé, s’était tu une bonne fois pour toute sans que personne ne le lui ait demandé, et que là résidait sa force.

Je ne veux faire taire personne. On accuse vite au seul lu d’un mot énergique en y mettant ce que je n’y mets pas même en arrière pensée, et on me cloue au pilori. Ainsi, le braillard et ses admirateurs me font taire et se font ainsi les dignes successeurs de ce qu’ils m’accusent d’être. Ils auront échappé, le croient-ils, à celui qui pointe l’incohérence de leur attitude et la faiblesse de leur posture. Ils joueront les victimes pour se faire censeurs, étouffeurs, bourreaux.

Qu’ils se regardent dans une glace, une vraie glace qui réfléchisse vraiment, et ils sont perdus. S’ils méprisent à ce point la Société des hommes, qu’ils se taisent donc, sauf à lui donner déjà de l’importance par leur mépris et par l’expression de leur mépris. Hurler à la mort de l’homme revient en un seul cri à faire une chose et son contraire. Le mépriser et lui donner de l’importance, le tuer et lui donner vie par haine ostensible.

à suivre.

Posté par andremriviere à 18:34 - CH.18 - DIOGENE REVIENT. - Commentaires [3] - Permalien [#]

mercredi 14 février 2007

‎18.3 Retour au fondateur.‎

Octante-huitième jour troisième heure.

Retour au fondateur.

Je n’ai finalement pas besoin d’écrire sur eux, je leur fais trop d’honneur, et j’abandonne ce chemin de mauvais aloi. Je m’occupe de Diogène qui le vaut bien, lui. Bonjour, Monsieur.

Tu es celui qui est allé au bout de son cri et c’est pourquoi il me dérange, ce cri muet. Il y a longtemps que tu te l’es dit, sans personne pour censurer et nul ne pourra se poser en victime, tu l’as pensé toi-même assez fort pour que la terre entière et toutes les générations d’après l’entendent : je fermerai ma gueule. Ce serait trop d’honneur pour la foule absente, pour ces vils chiens d’humains, ce serait les reconnaître comme hommes. Le silence est d’or, et tu dors l’âme en paix.

Toutes les bonnes âmes de la terre, les braves gens, qui s’apitoient à qui mieux mieux sur les pauvres et les déshérités, et qui se fabriquent une bonne conscience en donnant la pièce au feu rouge et en signant les pétitions qui passent à portée sans autre effort qu’allonger le bras pour trouver le stylo feutre, et qui ensuite se désintéressent des rafles façon resto du cœur, tous ceux-là et quelques autres t’ont enrôlé dans leur air supérieur. Te voici promu symbole des miséreux, mon cher Diogène.

Alors, heureux ?

A suivre.

Posté par andremriviere à 17:00 - CH.18 - DIOGENE REVIENT. - Commentaires [2] - Permalien [#]

lundi 26 février 2007

‎18.4.‎ L’égalité selon Diogène.‎

Octante-huitième jour, la dernière heure.

Le moine s'agace de Diogène. Il l'interpelle.

Tu en es mort de rire, je te vois hoqueter de dos. Je comprends. Tu as toujours dédaigné l’humanité, tous dans le même sac, les pauvres et les riches, ils ne valent pas plus chers les uns que les autres, tu les méprises également dès lors qu’ils se prétendent hommes. Voilà le seul péché originel impardonnable, être un homme, pardon mesdames mais vous aussi le mot homme est neutre, ici.

Les riches, les pauvres, les hommes, les femmes, toutes couleurs confondues, toutes tailles comprises, sont égaux devant toi. Aucun n’a la faveur de ta lanterne, et depuis deux mille cinq cents ans que tu cherches, tu ne les vois pas, ils n’existent pas, ils ne sont pas des hommes. C’est toi qui le dis.

Et tu les trouves comiques, ceux qui se disent cyniques à ton image, confondant le désir fou des exclus d’entrer dans la Société avec ta seule vérité d’en rester délibérément exclus. Mort de rire, Diogène, de les voir à ce point se tromper de guerre.

Une petite conclusion s’impose pour en finir avec toi ; tu la connais déjà si tu m’as lu depuis le début. J’ai souligné ta cohérence face à l’incohérence des bons esprits. Je n’en ferai pas davantage, je n’irai pas plus avant d’un centimètre. Ta cohérence, je la mets directement au panier des idées folles et mortifères. Je m’en suis largement expliqué, et les seuls qui ont raison sont ceux qui tentent de forcer la porte verrouillée de ce que nous prétendons être une civilisation, et qui ne le deviendra que le jour elle laissera la porte d’entrée grande ouverte, que le jour où, loin de venir les chercher dans les écoles pour les jeter à la mer, elle saura enseigner aux enfants errants d’où nous venons, quelle langue nous parlons et qui nous sommes, pour qu’à leur tour ils soient nous.

L’histoire des zoms, sinon rien.

FIN.
Ecrit en juillet 2004
.

Posté par andremriviere à 17:40 - CH.18 - DIOGENE REVIENT. - Commentaires [5] - Permalien [#]
« Accueil  1