LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 7 mars 2006

9.3. Le voleur.

Trente-troisième jour. Mes maîtres, autrefois, m’avaient expliqué tous les secrets des lignes des mains, du blanc des yeux, du visage ridé. Rien n’est inventé, tout est codifié, tout est sacré. Il faudra que je le dise un jour au moine, de consulter mes maîtres. J’ai oublié depuis longtemps l’enseignement des maîtres. Je suis un moine de pet de lapin tout juste bon à faire tourner la clé dans la serrure. Nous nous toisons, l’icône et moi. C’est à ce prix qu’elle me fait vivre. Un jour passé, un touriste savant expliqua... [Lire la suite]
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vendredi 3 mars 2006

9.2. L'icône.

Trente-deuxième jour. C’est malin vous l’avez coupé dans son élan avec sa chaise. Le voilà obligé de recommencer pour retrouver son fil. Vous voudriez que je reste assis sur ma chaise en paille devant la chapelle à contempler l’horizon poussiéreux, les cerises et les hirondelles, les vignes du seigneur. Je mens d’ailleurs, les vignes sont de l’autre côté du col et je ne les vois pas d’ici. Je ne vois que la blessure inguérissable, la ligne. Alors pourquoi philosopher ? Immobile, je hoche la tête quand passent les... [Lire la suite]
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jeudi 2 mars 2006

CHAPITRE NEUVIEME – SAGE COMME UNE IMAGE.

Chapitre neuvième – Sage comme une image. 9.1 Trente-et-unième jour. Septembre 2003. Je suis trop occupé par mes voyages et je n’ai pas le temps de philosopher. Ni même celui de comprendre ce qu’il me raconte, le moine. Parce que, en effet, il philosophe. Il n’a rien lu de ce qu’ils ont écrit, tous ces hommes prestigieux que l’on appelle philosophes. N’y voyez aucun dédain de sa part ni de la mienne, le fautif est moi seul et mon cerveau peu enclin à l’effort qu’impose leur lecture. Il est de bon ton de prendre des... [Lire la suite]
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vendredi 24 février 2006

8.2. Mélodie en sous-sol.

8.2  Trentième jour. Parce que ceux d’entre les fleuves en savaient plus que ceux venus de l’ouest, ceux-ci ont détruit ceux-là. Ils ne supportent pas qu’on ait plus de cent cinquante ans d’histoire et de civilisation, ils ne supportent pas que le forfait qu’ils viennent de commettre ait été écrit longtemps avant eux dans les anciennes écritures. Ils voudraient croire à leur innocence. Ils ne sont que les derniers répétiteurs même pas inventifs des vieilles leçons qui ne servent à rien. Leur guerre sera aussi... [Lire la suite]
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mercredi 22 février 2006

CHAPITRE HUITIEME - 8.1 Mélodie en sous-sol

8.1  Vingt-neuvième jour. Mai 2003. Guerre ou pas guerre ? Si j’étais journaliste, il serait trop tard pour y penser. Si j’étais philosophe, il serait trop tôt pour réfléchir. La guerre impensable est déjà finie avant même qu’on ait pu la nommer. Mais l’est-elle vraiment, finie, et ne voyons nous que le début d’une longue horreur ? Déjà en trois semaines, elle a réussi à accumuler tous les poncifs inlassablement répétés depuis trois mille ans. Je dis trois mille ans, j’aurais pu dire trente mille, trois... [Lire la suite]
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jeudi 16 février 2006

7.6. La guigne.

#6. Vingt-huitième jour. Désolé, monsieur de la Morale, le moine ne choisit pas, il regarde dans les yeux, il sourit un peu et signe non. Ne me demandez pas des comptes, ne me montrez pas du doigt. Je pourrais aligner de grandes théories pour m’expliquer, dire qu’on ne les aide pas en donnant ainsi, dire que seule l’action collective vaut et non l’individuelle, dire que seule une solution politique est viable et non des aumônes, dire que c’est votre travail monsieur le gesticulateur en chef de savoir les accueillir,... [Lire la suite]
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lundi 13 février 2006

7.5. Un euro tout neuf.

    #5    Vingt-septième jour. Que dit la morale à ce moment là ? Que va-t-il me dire, ce moine qui me juge ? Et vous, qui me jugez aussi, qu’allez-vous me dire, vous les anges gardiens du petit roumain au pull tricoté ? Qu’allez-vous me dire camarades automobilistes qui attendez votre tour en espérant que le feu passe au vert avant qu’il n’arrive ? Qu’allez-vous dire, maffieux de la Mer Noire qui avez amené cet enfant dans vos soutes, qu’allez-vous dire policiers indifférents préoccupés par les... [Lire la suite]
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jeudi 2 février 2006

7.4. L’enfant roumain.

    #4. Vingt-sixième jour. La voilà, la vraie mauvaise gouvernance. Celle qui, loin de décider, loin de montrer une voie, une bonne ou une moins bonne mais une voie, qu’elle soit sacrée ou même aride, se précipite au devant des peurs du monde, les miennes, les tiennes, celles du Moine, celles du monde, puis les entretient et les engrosse pour mieux les utiliser. Elle oublie la force du droit pour donner la force à la force, et sous prétexte de protéger les braves gens comme ils disent, elle protège les puissants... [Lire la suite]
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vendredi 20 janvier 2006

7.3. Manichéisme

       #3     Vingt-cinquième jour. Les cycles sont toujours interrompus par des cataclysmes. Nous mourons dans les cataclysmes, mais sans eux nous ne vivrions pas. Que serait la flamme d’une bougie qui ne s’éteindrait jamais ? Que seraient le haut sans le bas, l’humide sans le sec, la source chaude sans la source froide, le pôle nord sans le pôle sud, le positif sans le négatif ? J’arrête là ma liste, sinon le moine va surgir et me parler du bien et du mal. Quel besoin de les convoquer, ces... [Lire la suite]
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mardi 10 janvier 2006

7.2. La Vigne

    #2    Vingt Quatrième jour. Il a tourné le dos au paysage transparent. Alors j'ai tourné le dos au paysage transparent, à la terre ocre, à la mer qui la découpe en criques et caps, à la traînée de poussière qui maintenant dépasse à peine la crête de l’horizon, la dame a dû arriver chez elle, elle embrasse ses enfants ou les gronde, la tête lui tourne un peu, chaleur et fatigue, la vie qui pèse un peu trop lourd parfois. Je suis parti vers le sud, passer la montagne et descendre dans les... [Lire la suite]
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