LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mercredi 31 mai 2006

12.3. Humeur sentimentale

J’ai cru comprendre que la femme, comme dit le moine, n’était pas une mais plusieurs. Il avait senti que dans ces têtes à front bas il y avait une indifférence, comme si le seul fait d’être femmes les rendait interchangeables, qu’importe qu’elle soit celle-ci ou toutes celles-là, qu’importe qui est l’une et qui sont les autres : la femme, et non les femmes. J’ai même l’impression qu’il nous soupçonne de la penser ainsi dans nos têtes à nous, les hommes de notre temps qui nous disons civilisés. Au fond, il n’a pas... [Lire la suite]
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mardi 30 mai 2006

12.2. Ugly beauty

Je devine qu’il va nous sortir de nouveaux acteurs dans son histoire, et qu’on va bientôt toucher les limites du budget de tournage. Les producteurs vont être furieux, eux qui pensaient s’en tirer avec trois petits rôles préhistoriques. Quarante-quatrième jour. Je ne vous ai pas parlé de la femme. Vous savez, celle-ci qui reste à la grotte, qui chasse la poussière et qui prépare le poisson rapporté la veille par les hommes. Son rôle naturel, c’est ce qu’ils disent les hommes, naturel, est d’être là à attendre, docile... [Lire la suite]
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lundi 29 mai 2006

CHAPITRE DOUZIEME - UNE BREVE HISTOIRE DE L'HUMANITE #3

12.1 - Janvier 2004. Locomotive. Le moine est resté silencieux assez longtemps. Il n’aime pas régler des comptes, mais je sais aussi qu’il ne peut poursuivre son chemin tant qu’il y a un gros rocher pour barrer le passage. Un train dans l’ouest doit bien attendre que l’obstacle soit levé pour repartir, tous les indiens vous le diront. Alors il lui fallut dompter sa répugnance et cracher sa colère qui n’en pouvait plus de le triturer. Il n’arrivait pas à admettre tant de complaisance devant le désastre caniculaire,ni les... [Lire la suite]
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lundi 15 mai 2006

11.5. Il y a comme un doute qui plane.

Je devine que vous voudriez connaître la fin alors que je n’ai même pas encore commencé. Vous vous demandez si je vous tartine une fable philosophique avec morale simpliste à la fin, il faut toujours des morales simplistes à la fin, Aristote était un connaisseur en la matière, ou si je cherche à stigmatiser la violence du monde ; en toute arrogance, sachez-le, je vous conte ici l’histoire de l’humanité, ni plus ni moins. On en a pendu pour de bien plus anodines prétentions. Quarante-deuxième jour. Je suis... [Lire la suite]
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jeudi 11 mai 2006

11.4. Le lyonnais.

Je le vois venir, maintenant. Le moine va nous raconter comment ils vont se débrouiller pour réparer le fil, en ces temps de rudesse où les magasins de bricolage n’existaient pas. Sinon, ils risqueraient bien de se retrouver affamés, devant leur canne inutile et les ruisseaux murmurants. Quarante-et-unième jour. Il leur fallait une ficelle neuve, aussi résistante et transparente que celle qui leur avait servi si longtemps et qui, cassée en plein milieu, ne servait plus à rien. Comment, en ces temps reculés pouvait-on... [Lire la suite]
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mercredi 10 mai 2006

11.3. Le deuxième accident.

Quarantième jour. Le quarantième jour ! Fin des quarantaines, fin des deuils, nouvelle vie ! Il n’en a pas fini avec son histoire, le moine, il va bien falloir qu’il m’envoie la suite. Il va bien falloir qu’il nous le raconte, son incident de parcours et la fin de la querelle.  D’avoir été ainsi sermonné, le pêcheur n’était plus sûr d’avoir choisi le bon trou. Ainsi vont les hommes mal dirigés, et leurs erreurs viennent plus souvent de ceux qui les observent que d’eux-mêmes. Il ne savait plus si l’endroit était le... [Lire la suite]
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vendredi 5 mai 2006

11.2. La dispute.

Trente neuvième jour. On dirait qu’il sait où il va le moine. Je me méfie, il n’est jamais aussi perdu que lorsqu’il a l’air sûr de lui. Avez-vous remarqué comme il en est toujours ainsi ? Jamais les gens péremptoires et décidés ne savent où ils vont ni qui ils sont, mais ils ont si peur de s’en apercevoir qu’ils restent arc-boutés à leurs pauvres ergots de certitudes, désespérément. Ensemble, le pêcheur et le bâtonnier firent ainsi un bon bout de chemin. Le pêcheur se nourrissait et nourrissait son collègue,... [Lire la suite]
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mardi 2 mai 2006

CHAPITRE ONZIEME – UNE BREVE HISTOIRE DE L’HUMANITE.

11.1. Trente-huitième jour. Deuxième période   Un papier froissé me parvint, un jour, le trente-huitième. C’est marqué là. Le moine reprenait son histoire. Voilà pourquoi je suis bien obligé d’affirmer que notre pêcheur était doué. Il n’avait plus faim, puisqu’il lui suffisait de se mettre au bord d’un étang, d’un cours d’eau, d’une mare, pour en sortir carpes et brochets, mérous et raies bleutées ; la légende raconte qu’il a sorti un orque d’une flaque. Pourquoi pas une sardine du port de Marseille ? ... [Lire la suite]
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lundi 24 avril 2006

10.4 - Le proverbe #2.

4.2 - L'apprentissage. Ça c’est bien vrai ça. Toutes ces pages pour cette banalité, c’est-y pas malheureux. Suite du trente-septième jour. D’autant que l’homme en question était bien bâti malgré la faim, plutôt jeune mais sans âge ; visiblement son état d’ignorance ne lui avait pas permis d’imaginer autre chose que de quémander aux feux rouges pour vivre. On lui a donc appris à pêcher. C’était un bon élève et très vite il n’y eut alentours plus de pêcheur plus habile que lui. Moi-même un jour mon beau-frère... [Lire la suite]
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vendredi 7 avril 2006

10.4 - Le proverbe #1.

  4.1 Le proverbe, enfin. Le racisme aura disparu de nos têtes le jour où je pourrai dire à un noir qu’il est con s’il l’est sans me faire traiter de raciste. Charles Mingus l’ami du moine fut loin de l’être, con, mais voilà, sans préavis il est parti au milieu d’un solo et l’a planté sans lui donner les clés de la suite. Les grands musiciens ne devraient jamais mourir sans tourner la clé de sol sept fois dans leur bouche. Il n’aurait jamais eu une idée pareille, le moine, je sais qu’il ne serait jamais parti... [Lire la suite]
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