LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 7 février 2017

116 - Septième jour : Une si longue attente.

  Un an de silence. Aucun instant n’a pu être volé. L’icône est toujours là qui veille, inlassable et dévouée. Elle enquête, elle questionne, tu écris tes mémoires dit-elle de ce ton neutre où transpire la moquerie, de ce ton qui en quatre mots brise chaque commencement de début d’intention, chaque effluve. Pour me donner l’illusion que je vis, j’ai repris le crayon aujourd’hui. Il faut saisir mon rêve de moine et l’ouvrir comme on éventre. Diable si je parviens à retrouver le balancement de la mer si calme. La menace de son... [Lire la suite]
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lundi 6 février 2017

115 - Sixième jour : La trivialité quotidienne.

Le clapotis de la mer est irrégulier. Il faut dire qu’elle est étonnamment calme, comme seule doit l’être à l’autre bout du monde la mer des Caraïbes entre deux cyclones. Alors ici ou là un rouleau de dix centimètres de haut vient se fracasser sur la plage minuscule avec le plus de bruit possible histoire de se donner de l’importance et me donner un début. Il fait bon rêver aux mers chaudes où sont allés se perdre les marins et les capitaines partis de cette mer ci. Questions, questions, questions ! Il faut sans cesse répondre... [Lire la suite]
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lundi 16 janvier 2017

114 - CHAPITRE DEUXIEME . A QUOI REVENT LES MOINES

Cinquième jour. Monk’s dream. Le cri des hirondelles au milieu des cerisiers me dit que je suis vivant, vivant mais inutile tant que je n’écris pas. Pour autant, suis-je utile à écrire, utile à qui, utile à quoi ? Rien ne me permet de le savoir et je dois continuer inlassable et lent dans mon brouillard, aligner les caractères. Utile à moi seul peut-être bien, pour dissiper un peu, comprendre. Essayer. J’écris sur de petits carnets à spirales que je cache dans la chapelle sur la grande île, et j’en envoie des pages arrachées... [Lire la suite]
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dimanche 15 janvier 2017

113 - Intermezzo : Un mode de vie

    UN MODE DE VIE La tentation est grande d’ajouter mon grain de sel à la sauce du moine. Faire le malin et ajouter mon discours à son discours. Après tout, qui pourrait deviner que je recopie des fiches ramassées dans le sable, pourquoi ne pas les endosser tant qu’elles me conviennent et que j’ai l’impression de m’y retrouver ? Et si elles ne me conviennent pas, réécrire, déformer, mettre à ma main. La règle du jeu serait bafouée. Il faut que je retienne mes envies, et si je dois ajouter des textes de mon cru,... [Lire la suite]
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lundi 19 décembre 2016

112 - Quatrième jour : Entrer dans la cité #4/4

4. Celui qui veut entrer et celui qui veut sortir. Je n’en ai pas terminé. Il faut encore une pierre à ma fondation, il faut revenir aux braves gens de tout à l’heure. Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Il faut voir comme ils se précipitent tous dans la contradiction. Les braves gens se réclament de Diogène et son disciple tardif, l’imprécateur de banlieue. Etourdiment, ils en font le porte-drapeau du combat des réprouvés de la terre, le noble forcément noble combat des victimes contre le monde impitoyable des puissances étatiques,... [Lire la suite]
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mardi 6 décembre 2016

111 - Quatrième jour : Entrer dans la cité #3/4

3. La cohérence impossible. Diogène a saisi sa cohérence à bras-le-corps. Diogène a été comme il a un jour décidé qu’il serait, libre et seul. Animal et survivant. Ostensible et indifférent, avec, on ne se refait pas, un petit coup d’œil pour vérifier l’effet. Mais, mordicus, ne rien devoir à qui que ce soit, essayez un peu pour voir, vous qui êtes si malins. Il faut disputer aux chiens leurs os, il faut gratter le sol à la recherche de racines encore heureux si on trouve un radis, il faut creuser les immondices pour en extraire du... [Lire la suite]
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vendredi 25 novembre 2016

110 - Quatrième jour . Entrer dans la cité #2/4

2.  Humains, seulement humains. Je n’accepte pas qu’il en soit ainsi qu’il nous dit, je n’accepte pas ce que j’ai compris de Diogène. Je combats sans trêve le principe même de sa démarche, quels qu’en soient les justifications partielles et parfois pertinentes. Nul ne peut récuser l’homme en tant qu’homme, car s’il est pur animal, il est d’une espèce nommée homme, c’est ainsi, nommons la autrement elle restera espèce donnée, dont nous tous qui lisons et écrivons faisons partie. Ni chat ni chien, ni vermisseau, mais bel et bien... [Lire la suite]
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mercredi 23 novembre 2016

109 - Quatrième jour : Entrer dans la cité #1/4

1. L'empereur des cyniques J’ai trop péroré sur le sous-Diogène d’aujourd’hui, le pâle imitateur. Lui et ses groupies m’avaient agacé et j’ai perdu du temps. Ce fut une sorte d’entrée en matière, un angle d’attaque, mais maintenant il me faut passer au plat de résistance, il faut que je m’occupe de l’original plutôt que la copie, m’en prendre à Diogène lui-même. C’est une bien autre affaire qui m’attend : Diogène n’est pas de ces imprécateurs de salon et de pavillon frisquet. Loin s’en faut. Autant les imprécateurs d’aujourd’hui... [Lire la suite]
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mardi 8 novembre 2016

108 - Troisième jour : enfin Diogène #3

3. La posture ou la maladie. Les braves gens n’adhèrent pas toujours à ses imprécations de misanthrope, ils en sont parfois si effrayés qu’ils préfèrent se réfugier dans la pitié, cet autre sentiment de supériorité qui vous saisit face au misérable, barrage contre la peur et la conscience. « N’entendez-vous point sa douleur derrière les imprécations ? » disent les braves gens. Il serait intéressant de savoir ce qu’il en pense, l’homme en question, d’être ainsi médicalisé plutôt qu’entendu. Est-il planté dans sa... [Lire la suite]
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samedi 5 novembre 2016

107 - Troisième jour : enfin Diogène #2

2. Le pavillon d’ivoire. Il est de bon ton, pour qui se veut grand penseur, grand révolté, poète maudit, et sage méconnu, de se draper ostensiblement dans une misanthropie grandiose méprisant toute forme de société organisée. Je veux ici être clair : il faut balayer cette tentation, qui relève de la posture et, risquons le mot, du cynisme. Il y a une nécessité ontologique humaine à vivre en groupe, quel que soit le nom que je donnerais à ce groupe. Le grand Diogène et ses petits imitateurs peuvent vitupérer tant qu’ils veulent... [Lire la suite]
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