MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

mardi 31 mars 2009

22.11 - #1 - Plombier turc.


Le Moine va devoir s’occuper des individus, maintenant. Il s’est trop avancé en terrain découvert. Je l’attends sur ce sujet : la concurrence entre personnes est précisément celle qu’on nous oppose, celle qu’on brandit, pour nous refuser toute revendication, au motif que d’autres individus sont prêts à n’importe quoi pour prendre notre place. L’enjeu est d’importance.

Cent-vingt-troisième jour.

La concurrence individuelle est une idée que j’ai vu traîner dans tous les caniveaux du monde. Elle ne peut être envisagée qu’à partir des généralités, elle ne peut fonctionner que dans un monde où les bases sont respectées. Une certaine égalité approximative, une liberté de choix et de propositions, et un minimum vital auquel tous participent. La venue chez moi d’un plombier polonais ne me gêne pas, les plombiers d’ici sont insupportables. D’ailleurs à force de les monter au pinacle, ils sont devenus tout aussi insupportables et je suis passé aux plombiers roumains. Ce n’est pas trop grave, il n’y a pas de tuyaux dans ma chapelle et je bois l’eau du torrent et le café de mon copain du village en contrebas.

Il y a aussi des plombiers turcs, si tu veux tout savoir.

Toi et moi nous allons nous faire concurrence. Nous voici tous deux sur le Marché du travail, la grande braderie de la vie qui, ce dimanche ensoleillé a planté ses tréteaux le long de la rue principale. J’ai monté mon étal, j’ai allumé deux projecteurs, j’ai encadré un curricule vital pour mettre en évidence mes mérites récents et lointains, et j’ai gravé en quelques aphorismes mes mérites à venir.

Tu as compris que je métaphore, les miennes, pas la tienne.

De l’autre côté, on the sunny side of the street, tu fais de même. Tu n’as pas besoin de projecteurs, mais d’une fontaine d’eau fraîche, par chez nous quand le soleil tape il fait chaud, c’est une tradition. Tu as pu choisir ton stand, tréteau, carrousel, chapiteau s’il faut. Et la Société toute entière est libre de défiler devant toi, d’entendre tes proclamations tentatrices, tes motivations déchaînées.

Elle est libre de défiler, mais libre de passer sans un regard, ou de t’acheter un robot ménager si c’est le sujet du jour, ou ta force de travail ce que tu recherches à mon avis. Sans un regard, sans une petite pièce, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, libre de faire comme si elle ne te voyait pas ; je suis à la même enseigne, enfin, la mienne.

Nous sommes concurrents.


à suivre?

Posté par andremriviere à 01:04 - CH.22 - MONEY JUNGLE - Commentaires [3] - Permalien [#]


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