MON NOM EST THEOLONE

Les chroniques de Théolone. Chroniques anachroniques d'un moine inconnu au bataillon sur la vie comme elle va. Banalités et lieux communs en pagaille.

vendredi 30 janvier 2009

22.92 - Une humeur d’humérus.

Cent-vingt-et-unième jour, suite.

Je dois me faire une raison : je ne suis pas un mauvais écriveron. Ecriveron? Tout le monde connaît le proverbe, c’est en écrivant qu’on le devient. Bon ou mauvais. Jouer les faux modestes, jouer le doute salutaire, me couvrir la tête de cendres, me lamenter de mes insuccès et jalouser en secret les gros lus , rien de cela ne me grandit. Je ne vaux que si j’écris, et même si j’écris mal je vaudrai mieux que si je n’écris pas. Que personne ne vienne me rassurer en s’écriant mais si mais si, tu es bon. Vous seriez mille à le crier que je n’entendrais que la voix qui murmure que je suis nul, histoire qu’on crie davantage mes louanges.

Compliments ou quolibets, l’important est qu’un écho résonne dans la vallée chaque fois que je chante ma ritournelle, et si je me tais se taira l’écho. L’orgueil est le pire de mes ennemis, quand ce serait lui qui me pousse à écrire. Laissez-le pousser mais faites le taire, enfin.

Après tout, c’est le Moine qui écrit l’essentiel et qui a du mal à se dépatouiller de ses histoires de concurrence, tu dois juste comprendre ce qu’il dit même lorsque c’est incompréhensible, et le mettre au goût de celui qui te lit.

Traduttore tradittore. Tu sais très bien trahir quand tu veux, alors, pas de faux semblant, pas de désabus, pas de timidité affectée, pas de dégoût ostentatoire. Ce n’est pas ton truc, ton genre, ta tasse de thé. Les torrents de haine, les torrents d’arrogance, les torrents de bêtise qui t’entourent de leurs ravines ne t’ont jamais impressionné, et tu n’y as jamais perdu ton latin. Même si tu ne devais que taper d’un doigt pour cause de perturbation momentanée de quelque os et de quelque articulation, tu sais très bien que tes textes sont sortables. Alors sors-les de ta paresse de chipoteur, et remets un peu les mains dans ton cambouis.

Personne ne t’y oblige, personne ne t’impose de loi, tu as choisi une voie, tu peux continuer d’y marcher ou prendre un raccourci, tu ne peux seulement pas t’arrêter.

Posté par andremriviere à 18:15 - Les attentes et les lenteurs - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

Et ben voilà !

Comme un chat il retombe sur ses pattes !
Et ensuite il vient se frotter, nous ronronner dans l'oreille pour nous demander sa pitance...
Il recommence du bout de la patte à nous miauler des histoires.
Moi, j'attends, roulée en boule en ne dormant que d'un oeil ;-)

Posté par Lyjazz, samedi 31 janvier 2009 à 00:40

Ah! la phase colère contre soi ! C'est bien ! ça veut dire que ça revient ! Les échos trépignent d'impatience, ils aiment tellement rebondir sur tes montagnes de mots ;-). Bises !

Posté par luciole, samedi 31 janvier 2009 à 08:35

lecture au goûter

Et je n'en dors plus ... la maladie du clavier c'est la clavicule ?

Posté par Marie, samedi 31 janvier 2009 à 13:55

font plus que force

"je ne suis pas un mauvais écriveron" /..../ "c'est en écrivant qu'on le devient" je considère ceci comme une mauvaise excuse, tu as peur de le devenir (mauvais) ? :-D

Posté par Marie, samedi 31 janvier 2009 à 20:12

Se coucher tard

Marie: hé hé hé, c'est corrigé depuis longtemps (au moins trois minutes). Qui a dit ambigüités révélatrices?

Et puis, j'avais sans doute besoin d'être épaulé.

Luciole: Mais où vas tu chercher des idées pareilles que si tu l'avais dit j'aurais dit que c'est moi qui l'aurais dit!

Saint-Axe, prie pour moi. Reste à ma souris d'accoucher de la montagne.

Lyjazz: je dois être en réalité la septième vie d'un chat. Et dans mon état, il vaut mieux retomber sur mes pattes, parce que tomber d'un bras n'est pas une bonne idée.

Et puis, vu l'heure, je me vais rouler la boule aussi. Là, dans le buisson épineux qui me protège du froid et des zoms.

Booooonneu nuuit.

Posté par andrem, dimanche 1 février 2009 à 00:32

Orgueil, Panache... Même combat!

J'aurais pu écrire ça aussi. Mais finalement, qu'importe que l'on écrive bien ou mal. Tu l'as dit, dans un sens, l'essentiel, c'est d'écrire.

Bien, mal, tout est question de goût, de mode, et d'époque. Et en fin de compte, dans un monde où certains livres sont propulsés best sellers parce qu'il s'agit d'un nom de téléréalité, je me dis que je préfère garder ma plume que de la brader.

Même si évidemment, j'avoue une sourde envie qu'on me dise encore que c'est un plaisir de me lire!

Entre une écriveuse et un écriveron, même combat donc...

Posté par ecriveuse, mardi 3 février 2009 à 19:01

Sourde envie

Oui, la sourde envie, forcément. Peut-être bien que sans elle, je n'écrirais pas, et qui oserait prétendre le contraire?

Non, moi je prétends que je n'écris que pour moi...

Ben voyons.

S'il n'y avait ni Ecriveuse, ni Luciole, ni Lyjazz, ni Marie (ordre alphabétique, hein), ni quelques autres dont je sais qu'elles sont là derrière le trou de la serrure, et quelques zuns aussi, pas grand monde mais du beau (eh ho, je flatte mes lecteurs, pas fou mais plus ambigu tu meurs), écrirais-je?

Voilà la vérité: je vous aime.

Posté par andrem, mardi 3 février 2009 à 19:37

ET tu attends qu'on te dise

qu'on t'aime aussi....

Nous on se demande si tu vas revenir, et quand.
Et si la glu qui colle à ton clavier va enfin s'estomper.
Parce que si d'aventure ça nous arrivait... est-ce qu'on parviendrait à repartir ?
ça s'appelle de l'esprit d'équipe !

Posté par Lyjazz, mercredi 4 février 2009 à 00:14

trop tard pour appareiller la cochléaire

L'ordre alphabétique est un ordre civil, laïque.
Et tu crois, parce que tu as écrit : "je vous aime" que tu es quitte ? que nenni !

Posté par Marie, mercredi 4 février 2009 à 20:26

Glu et quitte

Je ne suis quitte de rien. Je suis seulement certain que je ne peux m'échapper; j'ai nettoyé le clavier qui semble me regarder d'un air innocent, et j'ai rassemblé mes forces.

Il y a déjà de l'eau dans le tuyau. J'espère que vous aimez l'eau tiède.

Posté par andrem, jeudi 5 février 2009 à 00:02

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