LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 11 juin 2019

313 - Quarante-sixième jour . L'enfant roumain

Quarante-sixième jour. L’enfant roumain.

La voilà, la vraie mauvaise gouvernance. Celle qui, loin de décider, loin de montrer une voie, une bonne ou une moins bonne mais une voie qu’elle soit sacrée ou même aride, s’empare des peurs du monde, les miennes les tiennes, puis les entretient et les engrosse pour mieux les utiliser. Elle oublie la force du droit pour donner la force à la force, et sous prétexte de protéger les braves gens comme ils disent, elle protège les puissants contre les faibles, les grands contre les humbles, les riches contre les pauvres, les assis contre les nomades. Et les nomades, les pauvres, les humbles, les faibles, tout ébaubis, applaudissent au tour de magie. Ils n’ont rien vu venir ; un jour ils découvriront qu’il est encore une fois trop tard, rendez-vous dans cinquante ans, dans cinq-cents ans, dans cinq mille ans.

Comme tout le monde, je n’aime pas voir un roumain, c’est toujours un roumain enfant de préférence enfant perdu mais malin, s’approcher la mine défaite de ma voiture au feu rouge. Comme tout le monde j’ai pris soin de verrouiller les portières d’ailleurs maintenant c’est automatique et bientôt ce sera obligatoire, comme tout le monde je vérifie qu’elles le sont, verrouillées, quand il s’approche.

Par hasard elles peuvent ne pas être fermées. J’hésite à le faire à ce moment précis, je ne vais pas l’humilier davantage. Il doit bien les entendre, les claquements du verrouillage. Mais à travers la vitre je lui fais signe que non, je ne donne rien. Il repart d’un air triste, parfois un mouvement d’humeur le secoue. Faut-il sourire à travers la vitre ou prendre un air sévère ou regarder ailleurs, la crotte de pigeon qui vient de tomber sur le capot par exemple, certainement beaucoup plus intéressante que le regard aux yeux verts. Ils ont toujours les yeux verts, les enfants roumains des feux.

Je le regarde dans les yeux, je souris, et je dis non. Plus exactement je fais le signe que non car il ne m’entend pas à travers ma vitre épaisse.

Posté par andremriviere à 01:09 - 310 - CH.10 . Besoin de rien - Commentaires [0] - Permalien [#]

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