LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 10 mars 2020

320 - CHAPITRE DOUZIEME . Sage comme une image . Cinquante-et-unième jour : le philosophe et la chaise

Je suis le gardien d’une vieille image. Il paraît qu’elle est miraculeuse, mystique, mystérieuse. Une vieille peinture sur du vieux bois qui me tient en vie et me laisse le temps d’écrire. Bon, ce n’est pas un bien grand miracle, pour ce que j’écris. Mais c’est le mien.

      Cinquante-et-unième jour. Le philosophe et la chaise.

Septembre 2003. Je suis trop occupé par mes voyages et je n’ai pas le temps de philosopher. Ni même celui de clarifier mes hésitations, mes tâtonnements, et ce que je m’obstine à nommer ma philosophie. Parce que, en effet, je philosophe, du haut de ma chaise pliante où je stagne quand je ne voyage pas. Je n’ai rien lu de ce qu’ils ont écrit, tous ces hommes prestigieux que l’on appelle philosophes. N’y voyez aucun dédain de ma part, je suis le seul fautif et mon cerveau peu enclin à l’effort qu’impose leur lecture.

Certes, il est de bon ton de prendre des airs supérieurs pour se vanter de ne pas perdre son temps à lire les philosophes, j’ai autre chose à faire dit-on histoire de montrer qu’on est soi-même infiniment plus important que ces vieillards barbus. Je ne voudrais pas être confondu avec les ignorants satisfaits. Ils ont certainement bien autre chose à faire de beaucoup plus important, il y a encore tellement de portes ouvertes à enfoncer. Lorsque par hasard un livre d’un de ces barbus dédaignés me passe entre les mains, il tombe. Je ne peux en lire plus de dix lignes que je ne suis pas sûr de comprendre, que je suis même sûr de ne pas avoir comprises, plus grave encore, que ce que j’y ai compris est différent de ce qu’ils avaient voulu m’expliquer. Ce n’est pas que d’autres choses plus importantes m’attendent mais simplement que je ne comprends pas ce qu’ils disent.

Bon sang, mais de quoi parlent-ils, à quoi pensent-ils donc ? Qu’ont-ils mangé à midi, juste avant d’écrire ? Quelles visions les ont traversés pendant leur sieste pour qu’à ce point je ne comprenne rien à leurs discours ? Et voici que je me pique de les imiter sans prendre le temps d’une sieste. Pour être sans doute aussi incompréhensible qu’eux. Non pour être aussi savants, mais pour avancer en aveugle dans une jungle de pensée mal dégrossie. Ne puis-je rester assis sur ma chaise en paille devant la chapelle, qu’est-ce qu’elle a ma chaise, oui elle était pliante et la voici en paille, j’y peux rien moi si elle est en paille asteure.

Posté par andremriviere à 17:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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