LES ANACHRONIQUES

Mon nom est THEOLONE - Philosophie et bavardage

mardi 7 février 2017

116 - Septième jour : Une si longue attente.

 


Un an de silence. Aucun instant n’a pu être volé. L’icône est toujours là qui veille, inlassable et dévouée. Elle enquête, elle questionne, tu écris tes mémoires dit-elle de ce ton neutre où transpire la moquerie, de ce ton qui en quatre mots brise chaque commencement de début d’intention, chaque effluve.


Pour me donner l’illusion que je vis, j’ai repris le crayon aujourd’hui. Il faut saisir mon rêve de moine et l’ouvrir comme on éventre. Diable si je parviens à retrouver le balancement de la mer si calme. La menace de son mouvement perpétuel est presque invisible, et l’on pourrait s’embarquer sans crainte ; les grands naufrages viendront plus tard. Voilà un an, je me proposais un rêve, je ne sais plus lequel. Je dois en inventer de nouveaux.


Nous sommes nos rêves, il n’est pas de néant qui tienne, à nous de les chevaucher à leur passage dans un rodéo furioso. Mes rêves d’antan ont fondu dans la fournaise des emplois du temps. L’icône ne laisse aucun vide où ils pourraient se réfugier, avec leurs complices, paresse, errance, égarement. Mais puisque j’ai commencé ainsi, rêves de moine, je dois rester sur la grille, les harmonies, la cadence. Monk’s Dream n’est pas un songe vaporeux de nuit d’été, c’est une frappe sèche, un rythme soutenu, et de courtes phrases finissant en bleu.


Posté par andremriviere à 06:26 - 114 - CH.02 . A quoi rêvent les moines - Commentaires [0] - Permalien [#]

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